L’âne de son Ennemi
« Si tu vois l’âne – ‘Hamor – de ton ennemi succomber sous sa charge, tu pourrais vouloir t’abstenir de l’aider ; tu devras l’aider avec lui. »
(Exode 23 – 5)
Le Baal Chem Tov affirme que l’âne fait ici allusion au corps – ‘Hamor étant de la même racine que le mot ‘Homer, matériel. Le verset signifie alors : lorsque tu viendras à voir – examiner – ton corps, l’âne, viendrais-tu à en conclure qu’il est l’ennemi de ton âme, puisque cette dernière aspire à l’élévation spirituelle et que le corps est lui attiré par le matériel.
Cet « âne succombe sous sa charge » – sous les devoirs de la Torah et des Mitsvoth qu’il n’est pas prêt à accomplir naturellement. Aussi, viendrais-tu à déduire qu’il faille le mortifier pour l’affaiblir.
Le verset recommande une autre démarche, dit le Baal Chem Tov : « Tu devras l’aider avec lui ! » Les privations et les mortifications appliquées sur le corps ne le feront pas évoluer dans la bonne direction. C’est avec lui qu’il faut compter. Il faut, au contraire, servir D-ieu avec son corps pour ainsi le raffiner, le purifier et le sanctifier.
C’est dans cet esprit que le Maguid de Mézéritch enseigna qu’il faut veiller scrupuleusement à sa santé, car « un petit trou dans le corps engendre un trou bien plus grand dans l’âme. »
La Hala’ha – la loi Juive – impose d’ailleurs à l’homme de veiller sur sa santé et qu’il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour améliorer son bien-être. Néanmoins, les décisionnaires affirment qu’il est permis, dans une démarche de Téchouva, d’imposer à son corps des jeûnes.
C’est là que réside l’originalité de l’enseignement du Baal Chem Tov. Il est possible de raffiner son corps, en l’associant au service de D-ieu, même dans un contexte de Téchouva ; nul n’est besoin d’affaiblir son corps. Il faut plutôt intensifier les actes positifs.
Cette approche du ‘Hassidisme s’inscrit dans son rôle précurseur aux Temps Messianiques. A cette époque, selon nos sages, l’âme se nourrira du corps. Par conséquent, il est logique, en cette fin d’exil, que le ‘Hassidisme vienne à encourager l’homme à initier une démarche nouvelle : changer et raffiner le monde en l’associant – tu devras l’aider – au service de D-ieu positivement.
Ceci explique l’accent mis, ces dernières générations, sur le bien-être et la santé. Plus nous approchons de Machia’h, plus nous avons le moyen de révéler la lumière cachée qui réside dans les dimensions matérielles.
Likouté Si’hoth Vol II