Torah et Sciences
« Voici les lois que tu exposeras devant eux. »
(Exode 21 – 1)
« ‘Devant eux’, et pas devant un tribunal laïque. »
Talmud
La Paracha de Michpatim parle – presque entièrement – de lois civiles que nous pouvons, d’ailleurs, trouver aussi dans d’autres systèmes juridiques. Nos sages affirment que ce verset vient nous apprendre que dans un cas où les lois laïques seraient similaires à celles dictées dans la Torah, nous devons, tout de même, privilégier les tribunaux Rabbiniques pour traiter ces affaires.
La jurisprudence rabbinique est basée sur la Torah, tandis que celle des tribunaux laïques prend son inspiration dans la logique humaine. Aussi, même lorsque l’issue serait radicalement identique, il réside une supériorité inhérente au verdict du Beth-Din.
Les Juifs sont généralement fiers du patrimoine intellectuel que représente la Torah ; ils y trouvent la source de la sagesse et de la connaissance. Pourtant, la Torah est en réalité bien plus que cela : il y existe un élément qui ne se trouve dans aucune autre des sciences. C’est dans cet esprit que nos sages affirment : « Si on te dit qu’il y a de la ‘Ho’hma – sagesse - parmi les nations, crois-le ; mais si on te dit qu’il y de la Torah, ne le crois pas ! » La Torah étant d’une autre nature.
Le mot « Torah » est issu de la même racine que le mot « Horaa » qui signifie enseignement ou directive. La Torah qui est connue sous le nom de « Torath Emeth – La Torah de Vérité » ne se limite pas à révéler la sagesse qui réside dans un concept ; elle a la particularité de guider vers une application pratique du concept, de mener à un changement de la conduite au quotidien.
La science ne décrète pas qu’une personne adopte un changement de sa conduite : elle se limite à démontrer et à analyser les effets de différents modes de vie.
La médecine, par exemple, démontrera que telle conduite sera bénéfique pour la santé et que telle autre serait dangereuse. Néanmoins, elle n’impose pas que l’on agisse dans ce sens. L’homme reste libre de passer outre et de se mettre en danger. La Torah, pour sa part, décrète qu’il est interdit de faire du mal, de porter préjudice à son corps.
Du fait que la Torah mène de la réflexion à l’action, nous constatons que sa supériorité face aux autres sciences ne se limite pas seulement à son implication dans le monde de l’action ; elle l’est aussi dans le domaine dans la réflexion. Car lorsqu’une personne prend conscience que l’étude ne représente pas uniquement un exercice cérébral et intellectuel, mais que cela aura des conséquences sur son comportement, elle se sentira plus responsable de son analyse et fera des efforts pour que sa réflexion donne naissance à une vérité intellectuelle pertinente pour le monde de l’action.
La raison qui différencie les sagesses séculaires de la Torah est que celle-ci est issue de la Sagesse Divine – la Vérité Absolue. Elle doit, par essence, transparaître dans toutes les dimensions de l’existence. Il est inconcevable que la Torah puisse se limiter au domaine intellectuel sans que cela vienne se traduire dans l’action. Nos sages affirment que « la pratique est essentielle », et que c’est précisément pour cela que « l’étude de la Torah est primordiale, puisque son caractère est de mener à l’action. »
Likouté Si’hoth Vol III