Serviteur d’Hachem
« Si tu achètes un serviteur hébreu, il servira pendant six ans, mais la septième, il sera remis en liberté gratuitement… Si le domestique déclare : ‘J’aime mon maître…’ son maître lui percera l’oreille avec un poinçon. »
(Exode 21 – 2,6)
Rachi, le célèbre commentateur, nous explique pourquoi la Torah a choisi l'oreille parmi tous les membres seulement pour signaler que cet homme refusa d’être libre : « L’oreille qui a entendu sur le Mont Sinaï que les Béné-Israël sont Mes serviteurs et a décidé, malgré tout, de se soumettre à un maître humain, celle-ci mérite d’être percée. »
Au-delà de l’aspect législatif de ce problème, ce passage comporte – comme pour tout autre partie de la Torah – un enseignement :
Les personnes qui sont extrêmement préoccupées par leur travail pendant les six jours de la semaine peuvent être qualifiées de « serviteurs de serviteurs » ; de plus, elles se constituent esclaves de leur propre gré. En conséquence, elles sont comparées au domestique Hébreu, un Juif qui se vend volontairement à un autre et acquiert un maître humain. Une personne aussi absorbée par la recherche de subsistance est asservie à son appétit pour les choses matérielles et à sa convoitise pour les plaisirs corporels. C’est en ce sens que cette personne est donc comparée au serviteur Hébreu qui est lié par un contrat d’une période de six ans.
Le serviteur Hébreu est libéré au commencement de la septième année ; nous pouvons faire ici le parallèle avec le septième jour - Chabbath. Chaque Juif est libéré dès l’entrée du Chabbath, il est libéré du joug des préoccupations des jours de la semaine ; ce jour, le Juif a le devoir de se reposer.
Cependant, il arrive, quelquefois, qu'une personne soit tellement impliquée dans son travail que lorsque le Chabbath entre, qu’elle soit alors peu disposée à le quitter. Indifférente à sa libération, elle préfère continuer son existence comme un esclave : « J'aime mon maître… Je ne veux pas être libre. »
L’antidote à une telle attitude est la prise de conscience que : « Les Enfants d'Israël sont Mes serviteurs. » La raison d’être du Juif est le service de D-ieu, apprendre la Torah et pratiquer les Mitsvoth ; en effet, le seul but de la descente de son âme dans le monde physique est la mission qu’il remplit dans sa vie. Les Juifs sont les « serviteurs de Hachem » et ils ne sont pas « serviteurs de serviteurs ». Un Juif ne doit jamais être asservi à son travail. Au contraire, ses relations d'affaires doivent être utilisées comme un autre moyen d'apporter la sainteté dans le monde. Quand le Chabbath arrive, le Juif s’élève totalement au-delà du mondain. Ce jour, il est entouré par une atmosphère de sainteté, toute son existence est consacrée au service de D-ieu.
En indiquant au peuple Juif que « les Béné-Israël sont Mes serviteurs, » Hachem nous donna la force et la capacité pour accomplir notre mission Divine. Le Juif qui se souvient qu'il est le « serviteur de D-ieu » sera libéré de son exil personnel et sera élevé au-dessus des contraintes du monde physique. Par ailleurs, il hâtera la libération de tout le peuple Juif de cet exil. Puissions nous la vivre immédiatement.
Likouté Si’hoth Vol XI