Le Sang et Les Grenouilles – La Chaleur et l’Indifférence
La première des plaies qui toucha les Egyptiens fut la plaie du sang. Toutes les eaux du pays furent miraculeusement transformées en sang. Seule l’eau utilisée par les Hébreux fut épargnée.
L’eau est naturellement froide, alors qu’à l’opposé, la sainteté est présentée comme une source de chaleur qui inspire la vitalité. La première mission quotidienne du Juif est de vaincre la froideur – l’indifférence et l’apathie – que nous avons à l’égard de la sainteté et de la remplacer par une chaleur et une passion pour D-ieu et le Judaïsme. C’est pourquoi la plaie du sang – la chaleur – fut la première étape du processus de la libération du peuple Juif.
Puis vint la deuxième plaie, les grenouilles. Ces créatures au sang- froid quittèrent courageusement leur milieu naturel, le Nil, et pullulèrent rapidement à travers l’Egypte, envahissant les maisons égyptiennes et se jetant dans leurs fours.
Le Juif se doit de réserver sa chaleur, son enthousiasme et son énergie pour la sainteté. Lorsqu’un enthousiasme pour les futilités – four de Pharaon – s’instaure, il doit alors envoyer les grenouilles afin de tempérer ses ardeurs. Les grenouilles furent capables de quitter l’humidité et la froideur pour sauter dans les fours de Pharaon. Elles montrèrent ainsi qu’il est indispensable de calmer les désirs et l’appétit pour les plaisirs physiques.
Ces deux premières plaies symbolisent les approches du service de D-ieu : « Eloigne-toi du mal » et « fais le bien ». L’ordre logique serait de s’éloigner du mal et par la suite d’agir pour le bien. Ceci est d’ailleurs illustré ainsi par nos sages : la première étape dans la préparation d’un lieu de repos pour un roi est de nettoyer l’espace de la maison. Ce n’est qu’après cela que les décorateurs peuvent commencer à tendre les plus belles tentures et à meubler ce qui, grâce à leurs efforts, se transformera en palais pour le souverain. Sans un nettoyage préalable, le riche mobilier et les tentures les plus merveilleuses ne pourraient faire d’effet, elles seraient plutôt déplacées.
Il faut quelques fois, cependant, agir inversement, ainsi que Rabbi Chemouel enseigna : « Le monde affirme que lorsque l’on ne peut pas passer au-dessous d’un obstacle, il faut alors sauter par-dessus. Moi, je dis qu’il faut – Lé’hat’hila Ariber – sauter à priori au-dessus ! »
Lorsqu’un Juif apporte la chaleur et la sainteté dans son entourage – le sang – la froideur et l’indifférence disparaissent automatiquement.
Likouté Si’hoth Vol I