Le Rejet de l’Egocentrisme
Le début de notre Paracha poursuit le sujet qui fermait la Paracha dernière. Les Béné-Israël s’étaient plaints auprès de Moché et de Aaron car depuis que ces derniers étaient intervenus devant Pharaon, le sort d'Israël s’était aggravé. Moché rapporta leur plainte devant D-ieu.
D-ieu dit alors à Moché : « J’ai entendu les complaintes des Béné-Israël…Je me suis souvenu de mon alliance…Je vous soustrairai de l’esclavage…Je vous délivrerai…Je vous affranchirai…Je vous délivrerai…Je vous prendrai comme peuple…Je vous conduirai au pays… » La Torah raconte, par la suite, les dix plaies que D-ieu envoya sur l’Egypte.
Comment ces phrases constituent-elles la réponse à l’interrogation de Moché ? Il semble, en fait, que l’exode ne pouvait prendre place qu’après que les Béné-Israël aient subi un durcissement de l’esclavage. Pourquoi devait-il en être ainsi ?
L’exil en Egypte constitua la préparation à l’événement le plus déterminant de notre histoire : le Don de la Torah sur le Mont Sinaï. Les Juifs allaient – à partir de ce moment – appliquer les commandements de D-ieu et les observer en ayant pour seule motivation le fait que les Mitsvoth émanent de Sa volonté.
Ceci ne concerne pas seulement les Mitsvoth d’ordre irrationnel, les commandements rationnels doivent, eux aussi, être observés en ayant la même motivation. Car, il n’est pas difficile d’appliquer un acte irrationnel sans faire appel à l’intellect ou aux sentiments. Par contre, le fait d’observer les préceptes qui paraissent logiques seulement parce qu’ils sont des commandements Divins constitue une tache bien difficile. Les Béné-Israël ne pouvaient atteindre ce niveau qu’après le Don de la Torah.
Cette idée est aussi relative à l’étude de la Torah. En dépit du fait que la Torah doit être étudiée, comprise et saisie par l’intellect humain, elle n’en reste pas moins la Sagesse de D-ieu. Aussi, elle reste, dans son essence, transcendante même après qu’elle s’incarne dans le domaine de la rationalité.
L’Effacement du moi – le rejet de tout égocentrisme – est un préalable à l’étude de la Torah. L’expérience difficile de l’exil permit à nos ancêtres d’aborder ce préalable. Ainsi, l’effacement personnel issu des souffrances endurées par le peuple Juif en Egypte, leur permit d’atteindre le niveau spirituel nécessaire à l’étude et à la pratique des commandements de D-ieu.
De plus, ce niveau d’annulation requis pour recevoir la Torah, ne devait pas seulement être vécu par le peuple Juif ; le monde devait aussi avoir l’expérience de cela. C’est pourquoi Pharaon fut amené à la déchéance et avec lui tout le monde qu’il gouvernait.
Pharaon – qui avait affirmé « qui est D-ieu, que je doive lui obéir » - changea de ton à cause des plaies et il dit alors : « D-ieu est juste ; c’est mon peuple et moi qui avons tort », le monde fut ainsi suffisamment purifié pour recevoir la Torah.
Likouté Si’hoth Vol XXI