Les Explorateurs, L’Idolâtre et le Chabbath
La Paracha de cette semaine est riche en sujets qui n’ont, à priori, aucun lien entre eux : l’épisode des explorateurs, les lois relatives à l’idolâtrie et le récit de celui qui ramassa du bois le jour de Chabbath.
Rachi, dans son commentaire, explique le lien entre les deux derniers sujets : « Le fait de profaner le Chabbath est égal à celui de pratiquer l’idolâtrie, car ces deux actes sont l’expression du rejet des Mitsvoth. »
Néanmoins, cette affirmation ne nous explique toujours pas le lien qui existe entre ces deux thèmes – l’idolâtrie et le Chabbath – avec le thème central de la Paracha – l’histoire des explorateurs qui furent envoyés pour espionner la terre de Canaan.
L’idolâtrie est un des péchés les plus graves. Nos sages affirment qu’il est préférable de se laisser tuer plutôt que de le commettre. D’ailleurs, à travers les âges, nombreux furent les Juifs qui donnèrent leur vie plutôt que de renier leur foi. En outre, il est intéressant de rappeler que cela s’est produit même lorsqu’il leur était réclamé seulement une forme extérieure de révérence envers les idoles, tel que se prosterner.
Cela peut paraître, à première vue, étonnant ! L’idolâtrie ne signifie-t-elle pas que l’on reconnaisse – à D-ieu ne plaise – une entité étrangère à D-ieu ? Qu’y avait-il de si terrible si une personne faisait – mimait – un geste qui n’avait en réalité, pour elle, aucune signification ?
En fait, cela est une démonstration vivante d’un des principes fondamentaux du Judaïsme : « Hamaassé Hou Haïkar – seule l’action est essentielle ! » Les motivations du Juif sont, certes, importantes ; néanmoins dans notre monde physique, ce sont les actions qui priment.
Un Juif qui fait mine d’être idolâtre est considéré comme tel ; peu importe ce qu’il pense vraiment à ce moment. L’injonction de la Torah de donner sa vie plutôt que de commettre l’idolâtrie se réfère à l’acte et pas seulement à une adhésion idéologique.
Cette introduction nous permet de mieux comprendre le lien avec le récit de celui qui profana le Chabbath. Le Midrash nous indique que les intentions de cet homme étaient pures et honorables. Après l’épisode des explorateurs, D-ieu décréta que le peuple Juif devait séjourner dans le désert pendant quarante ans. Certaines personnes en conclurent que cette période serait comme une parenthèse dans l’histoire, et que, par conséquent, le peuple Juif ne serait plus obligé d’observer les Mitsvoth. Le ramasseur de bois transgressa alors le Chabbath – tout en étant conscient qu’il serait puni pour cela – dans l’espoir de servir d’exemple.
En définitive, l’intention de cet homme était de renforcer la pratique du Chabbath chez ses frères et non de le désacraliser. Cependant, « la décision du juge ne doit dépendre que de ce qui est perceptible à ses yeux », l’acte était là.
L’acte est essentiel tant dans le passage de l’idolâtrie que dans celui du Chabbath. Or, nous avons, maintes fois, démontré que l’erreur des explorateurs tenait dans le fait qu’ils préféraient rester vivre dans le désert – une dimension surnaturelle – plutôt que d’assumer la responsabilité d’édifier une société Juive sur la terre d’Israël en donnant toute l’importance aux actes matériels.
Likouté Si’hoth Vol XXVIII
Les droits du contenu de cette page sont réservés par l'auteur, l'éditeur et/ou Chabad.org. Si vous appréciez cet article, nous vous encourageons à le distribuer à vos connaissances, à condition de respecter le copyright.
|
|||