Explorer Nos Actes
Le thème central de notre Paracha est celui de l’épisode des explorateurs. Moché envoya douze individus espionner la terre de Canaan. L’objet de cette mission était de trouver la meilleure façon – d’établir un plan viable – de conquérir le pays. Ces hommes devaient récolter le maximum d’informations sur les habitants, leurs moyens de défense et l’infrastructure du pays.
A leur retour, les explorateurs – à l’exception de Calev et de Yéhochoua – ont commis la faute de rapporter au peuple Juif qu’il était impossible de conquérir la terre. Ils disaient avoir vu de « puissants habitants résidant dans des villes fortifiées. »
Nous pouvons nous demander en quoi les explorateurs avaient fauté en soumettant leur rapport ? Après tout, n’était-ce pas dans le but de voir si les habitants étaient « puissants ou faibles » et si les villes étaient « ouvertes ou fortifiées » qu’ils furent envoyés ? Leur réponse à ces interrogations semble des plus appropriées ; pourquoi la Torah considère donc cette démarche comme un péché ?
En fait, Moché les envoya afin qu’ils déterminent le lieu stratégique par lequel il serait plus aisé de conquérir le pays et d’établir – dans ce sens – un plan naturel et rationnel. Du fait que D-ieu ne produit aucun miracle superflu, il était donc du devoir du peuple Juif de faire – de leur côté – tout ce qui était en leur pouvoir pour arriver au but, même si au bout du compte ils auraient, éventuellement, recours au miracle. Pour Moché, il était évident que nous pouvions la conquérir, puisque D-ieu leur demanda de le faire.
Les explorateurs dépassèrent les pouvoirs qui leur avaient été assignés. Ils ne se limitèrent pas de décrire les habitants et le pays, ils ajoutèrent à ce rapport une conclusion – non requise et, qui plus est, erronée – selon laquelle il était impossible de prendre cette terre naturellement en dépit du commandement Divin.
Cet épisode constitue une leçon fondamentale dans le domaine de la pratique du Judaïsme : il est essentiel de prendre conscience que, du fait que les Mitsvoth sont les commandements Divins, nous avons à l’évidence les moyens de les appliquer. En effet, il est établi que D-ieu n’impose à l’homme que ce qu’il est capable de faire. Aucun homme n’exigerait raisonnablement de son prochain qu’il fasse une chose qui dépasse ses moyens, ses forces et ses capacités physiques ou intellectuelles. Il est évident que le Créateur est le plus à même de connaître les aptitudes et les limites du potentiel humain. Lorsqu’Il nous invite à faire un commandement, nous sommes certains de notre pouvoir de l’appliquer.
Néanmoins, cette assurance ne doit pas nous mener à en conclure qu’il faille attendre un miracle, une intervention Divine. Bien au contraire, le cadre naturel est fondamental dans le contexte de la Torah et des Mitsvoth, puisque notre mission est de faire de ce monde physique une résidence pour D-ieu.
C’est en cela que consistait la mission des explorateurs : établir le plan le plus naturel pour conquérir Eretz Israël.
Nous pouvons tirer une autre leçon de cette histoire : nous devons nous pencher – explorer – sur le sens des Mitsvoth que nous serons amenés à appliquer. Il est important de connaître les raisons des commandements afin de les observer avec un plus grand engagement. Il nous faut aussi prendre conscience du sens commun, primaire à toutes les Mitsvoth : avoir le privilège d’accomplir la volonté de D-ieu. Cette idée est inhérente à l’action au point où cela se traduit dans la formule de la bénédiction « Acher Kidéchanou BéMitsvotav Vétsivanou – Qui nous a sanctifié par Ses commandements et Qui nous a ordonné… » Un Juif devient par le biais des Mitsvoth sanctifié et uni avec D-ieu, le Commandeur Suprême. C’est pourquoi chaque Mitsva doit être introduite par cette bénédiction ; ainsi, l’homme « explore » le sens des actes dans lesquels il s’engage.
Likouté Si’hoth Vol XIII
Les droits du contenu de cette page sont réservés par l'auteur, l'éditeur et/ou Chabad.org. Si vous appréciez cet article, nous vous encourageons à le distribuer à vos connaissances, à condition de respecter le copyright.
|
|||