Comment Edifier Une Maison Pour D-ieu ?

Térouma est la première des Parachioth qui traitent du sujet de l’édification du Sanctuaire pour D-ieu – le Michkan. Cette Mitsva fut adressée à tout le peuple Juif ; hommes, femmes et enfants devaient y participer.

Le Sanctuaire qui fut édifié dans le désert constitue une formidable innovation dans l’histoire du monde et dans les réalisations de l’humanité : une « maison » matérielle dans laquelle la Ché’hina – la Présence Divine – allait s’incarner et résider. En fait, l’idée parait si extraordinaire qu’elle interpella le Roi Salomon – le plus sages des hommes (Rois I 8 – 27) : «Le Ciel et tous les Cieux ne sauraient Te contenir, combien moins cette maison que je viens d’édifier ? »

Comment, alors, comprendre qu’une chose aussi extraordinaire puisse être réalisée par les hommes, et que ce commandement incombe à chaque individu ?

En réalité, seuls quelques privilégiés – tels que Betsalel et son équipe – furent engagés de manière effective dans l’édification du Temple et furent, pour cela, inspirés du souffle de D-ieu. Néanmoins, la Torah affirme clairement que cette œuvre dépendait des efforts et des dons de tous. Comment avons-nous – en tant qu’individu – le pouvoir d’inviter la Présence Divine à résider dans une structure physique et limitée ?

La Paracha commence par ces mots : « Véyik’hou Li Térouma – Qu’ils prennent pour Moi une offrande. » Rachi explique que le terme « Li – Pour Moi » implique que les contributions d’Israël devaient être offertes avec, pour seule motivation, la volonté d’appliquer le désir de D-ieu. A la lumière de ce texte, la question semble s’accentuer : comment peut-on espérer que chacun puisse atteindre un tel niveau spirituel ?

La solution à cette interrogation réside dans la définition de l’événement du Don de la Torah. Le peuple Juif a subi, alors, une transformation fondamentale. D-ieu choisit ces hommes et ces femmes pour Le représenter et Il fit d’eux « un royaume de prêtres et un peuple saint. »

Depuis, chaque Juif est relié à D-ieu dans son essence. Nos sages affirment d’ailleurs : « Af Alpi Che’hata, Israël Hou – Même s’il lui arrive de fauter, il garde son caractère d’Israël. » Car il y a en chacun de nous une étincelle – Pintélé Yid – qui n’accepte pas la séparation avec le Divin. Maïmonide affirme que la volonté profonde de chaque Juif est d’appliquer la volonté de D-ieu ; si cela ne paraît pas toujours évident, c’est simplement parce que le mauvais penchant prend temporairement le dessus. Ainsi, même s’il semble que nos motivations ne soient pas des plus élevées, en réalité, dans le plus profond de notre être, elles le sont.

C’est précisément ce caractère particulier du lien de l’âme à D-ieu qui confère à chacun de nous le pouvoir extraordinaire d’établir une Résidence pour D-ieu ici-bas.

Sefer HaSi’hoth 5752