Deux Directions Du Service de D-ieu

Au début de la Paracha de cette semaine, la Torah raconte que Rivka fut enfin enceinte, mais que « les enfants s’agitaient en son sein. » Nos sages nous indiquent, que ces deux enfants avaient déjà – à l’état fœtal – des tendances opposées : Yaakov était attiré par la sainteté, tandis qu’Essav avait de l’attraction pour l’idolâtrie.

Cette explication paraît étonnante, car il est difficile de comprendre le comportement d’Essav. La tradition affirme que les Patriarches incarnaient « le Char Divin – la Merkava », c’est-à-dire qu’il étaient totalement saints et que leurs corps ne faisaient que véhiculer la volonté de D-ieu. Aussi, leurs enfants furent conçus dans la sainteté et héritaient du caractère de leur père. Comment comprendre, alors, l’attirance d’Essav, fils de Yits’hak, pour l’idolâtrie ?

En outre, suivant le principe selon lequel « les actes des Patriarches sont source d’inspiration pour leur descendance », nous devons comprendre en quoi cet épisode constitue un enseignement pour nous.

Maïmonide décrit deux manières de servir D-ieu : celui qui n’a pour unique désir que de faire le bien, et celui qui est attiré par le mal, mais qui arrive, tout de même, à surmonter ses pulsions. Les Patriarches n’ayant pas ce type de désirs, d’où vient alors cette tendance chez leurs descendants ?

De plus, il existe aussi chez l’homme l’éventualité de succomber, pour laquelle Hachem offrit le moyen de faire Téchouva, de rectifier son comportement. Là encore, il est difficile de comprendre comment cette dimension du repentir prend sa source dans les actes des Patriarches.

Bien que les Patriarches n’aient jamais éprouvé de conflits internes, ils eurent, néanmoins, l’expérience d’épreuves et d’oppositions venant de l’extérieur qu’ils surmontèrent avec succès. Il est vrai qu’il semble beaucoup plus difficile de maîtriser les conflits internes que les attaques de l’extérieur, cependant, la conduite des Patriarches constitue, tout de même, un exemple pour leur progéniture : en surmontant son penchant, la personne démontre combien elle est liée à D-ieu ; car même s’il arrive qu’elle soit attirée par le mal, ce désir ne parvient pas à étouffer sa volonté de faire seulement le bien.

Cette idée trouve son expression de manière plus forte encore à travers le concept de la Téchouva : le désir profond de rester proche de D-ieu et du bien est si fort chez l’homme qui a succombé qu’il permet de rejeter le mal, de regretter ses actes passés et de s’engager totalement dans la voie positive.

C’est en ce point que nous trouvons l’inspiration chez nos Patriarches : la volonté profonde de rester uni avec D-ieu d’un lien que rien ne pourrait affaiblir est le patrimoine que nous avons hérité de nos Patriarches.

Les deux manières de servir D-ieu – « entièrement juste » et « combattant du mal » – trouvent leur source dans la progéniture des Patriarches : Yaakov personnifiait le juste intègre et Essav avait pour mission de surmonter sa tendance innée à faire le mal.

Likouté Si’hoth Vol XX