Avraham et Yits’hak : Deux Attitudes
Nos Sages affirment : « Les actes des ancêtres sont des signes pour leurs enfants. » Les événements de la vie de nos Patriarches ne sont pas seulement une indication de ce qui arrivera au peuple Juif durant son histoire, mais ils constituent aussi une source d’inspiration et d’encouragement indispensables pour les Juifs à travers les âges.
La Paracha de cette semaine – Toldoth – raconte : « Il y eut une famine dans le pays… D-ieu apparut à Yits’hak et dit : ‘Ne descends pas en Egypte. Demeure dans la terre que je t’indiquerai. Séjourne dans cette terre, et Je serai avec toi et Je te bénirai’. »
Quand Hachem ordonna à Avraham d’offrir Yits’hak en sacrifice, Yits’hak fut placé sur l’autel en tant que tel, et il fut, depuis, considéré par D-ieu comme « une parfaite offrande ». C’est pourquoi, il ne lui était pas recommandé de quitter la terre sainte d'Israël pour se rendre vers des contrées de moindre importance. Hachem lui interdit, en dépit de la famine qui toucha le pays, de se rendre ailleurs.
Ce commandement d’Hachem à Yits’hak comporte une leçon pour nous, ses descendants : la seule place qui soit adaptée pour le peuple Juif, c’est la Terre Sainte et non l’exil. Les Juifs ne peuvent être véritablement heureux en exil, car ils savent qu'ils n’appartiennent pas au lieu où ils se trouvent. Notre espoir perpétuel et notre supplication envers D-ieu sont qu'Il nous rassemble sur la terre d'Israël, comme nous le disons trois fois chaque jour dans la prière : « Puissent nos yeux voir Ton retour à Tsion dans la miséricorde. »
Quelques années auparavant, au temps d'Avraham, il y avait eu aussi une famine en Israël. Mais contrairement à Yits’hak, Avraham descendit en Egypte et y apporta le message d’Un D-ieu Unique. Avraham mit chaque personne avec qui il était entré en contact sous les ailes de la Présence Divine et il l’approcha du Créateur.
Cependant, Yits’hak ne quitta jamais le territoire d'Israël. Et, même en Israël, il menait une existence « intérieure ». Yits’hak n'est jamais sorti de chez lui pour rapprocher de manière active des personnes vers Hachem. Son but était d’acquérir la perfection personnelle.
Avraham et Yits’hak nous apprennent, donc, deux attitudes différentes dans le service de D-ieu :
Nous retirons, d'Avraham, la force d’aller à l’extérieur, de tendre la main aux autres Juifs. Avraham nous apprend comment propager la connaissance de D-ieu là où nous allons, afin de diffuser la Torah partout dans le monde. Même le Juif qui a pour principale occupation l’étude de la Torah et la perfection de sa propre évolution dans le service de D-ieu, doit réserver du temps pour s’occuper des autres.
Yits’hak, d’autre part, nous apprend l'importance de l’introspection « intérieure » et c'est de lui que nous tirons la force pour nous impliquer dans l’étude de la Torah. Car même un Juif dont les centres d’intérêt sont les affaires du monde – moyen qui lui permet de rencontrer d’autres personnes, de les rapprocher de D-ieu et ainsi d’ajouter de la sainteté dans ce monde – doit savoir se retirer de ses préoccupations pour se consacrer à l’étude et au perfectionnement personnel.
Likouté Si’hoth Vol XXV