La Nature Surnaturelle du Juif
« Voici les générations de Yits’hak fils d’Avraham, Avraham engendra Yits’hak. »
(Genèse 25 – 19)
Nos sages nous indiquent, dans le Talmud, que la Torah rallonge ses propos en affirmant « Avraham engendra Yits’hak » alors qu’elle vient de dire «Yits’hak [était le] fils d’Avraham » pour souligner le fait que, selon les lois de la nature, Avraham était incapable d’avoir des enfants à cet âge.
D’ailleurs, lorsque Sarah donna naissance à Yits’hak, les nations du monde se moquèrent en refusant le fait que Avraham pouvait être le père biologique. Hachem fit, alors, un miracle : le visage de Yits’hak était identique à celui de son père, Avraham ; la ressemblance flagrante ne laissait ainsi aucun doute planer sur sa paternité et dissipait toutes les fausses idées.
En fait, « les nations » n'avaient aucune difficulté à admettre qu’Avraham était capable d’engendrer au sens spirituel du terme : c’est-à-dire propager et diffuser les idées du monothéisme ou encourager son entourage à agir pour le bien de l’humanité. Par contre, elles avaient une difficulté de concevoir que ce saint homme – Avraham – ait une quelconque emprise sur le monde matériel. Les peuples ne pouvaient admettre qu’en vertu de ses convictions, il lui soit possible de dépasser les limites imposées par la nature et, par conséquent, de donner naissance à un enfant au sens le plus littéral.
La naissance miraculeuse de Yits’hak démontra au monde que le corps physique du Juif – et pas seulement son âme – puise sa force au-delà des limites de la nature et que celui-ci est, en permanence, relié à D-ieu.
Ce concept jette une lumière nouvelle sur les propos prononcés par Rabbi Yossef Yits’hak de Loubavitch, quelques instants avant son voyage en exil où il fut envoyé pour le « crime » d’avoir propager le Judaïsme en Russie Soviétique : « Le monde entier doit savoir que seul nos corps sont en exil et soumis au joug des nations. Nos âmes ne sont pas exilées et elles ne seront jamais soumises ! Personne ne peut rien nous imposer en matière de Torah, de Mitsvoth et de pratique religieuse ! »
Ces paroles paraissent étonnantes, car quel pourrait être l’intérêt de savoir que notre âme n’est pas soumise à l’exil, si notre corps – qui est le seul support et l’unique moyen nous aidant à observer les Mitsvoth ici-bas, ainsi qu’à divulguer les eaux vives du Judaïsme – est, lui, adjoint aux contraintes du Galouth ?
Le vécu d’Avraham – le premier Patriarche – contient la clé de cette énigme : Avraham démontra que lorsque l’homme réussissait à faire jaillir en lui les dimensions surnaturelles de son âme, celles-ci apportaient la lumière infinie de D-ieu dans toute son existence et jusqu’aux aspects les plus physiques de la vie.
Dans ce cas, le corps se trouve élevé au-dessus des lois naturelles au point qu’aucune contrainte terrestre ne saurait porter atteinte.
Likouté Si’hoth Vol III