Pour ne Pas Proférer de Lachon Hara

La Paracha de cette semaine nous relate l’histoire de la famille de Yits’hak, la stérilité de Rivka, la naissance tellement attendue des deux jumeaux Essav et Yaakov, leur adolescence, et enfin les bénédictions – réservées au premier-né – que Yits’hak accorda à Yaakov.

La Torah raconte que Yits’hak devint aveugle dans sa vieillesse (Genèse   27 – 1) : « Il arriva, quand Yits’hak était devenu vieux, que sa vue s’obscurcit. » Yits’hak fut aveugle des années durant et c’est à cause de cette infirmité qu’il ne put quitter sa maison. Rachi explique que Yits’hak a perdu la vue afin que Yaakov puisse recevoir les bénédictions.

Yits’hak ne savait pas que son fils Essav était Racha – méchant – c’est pourquoi il voulait le bénir avant de mourir. Mais, D-ieu savait que Essav ne méritait pas ces bénédictions et Il décida que c’est Yaakov qui les recevrait à sa place. D-ieu rendit Yits’hak aveugle pour permettre à Yaakov de se déguiser et de se présenter à la place de son frère dans le but d’obtenir les bénédictions qui étaient réservées pour Essav. Si Yits’hak avait pu voir et reconnaître son fils, il n’aurait jamais donné les Béra’hoth à Yaakov.  

Cette idée mérite d’être approfondie : pourquoi était-il nécessaire de faire souffrir Yits’hak pendant tant d’années afin que Yaakov puisse recevoir les bénédictions ? Est-ce que D-ieu ne pouvait pas s’arranger à ce que Yaakov les reçoive par un autre moyen ? En fait, la Paracha témoigne que Yits’hak était déjà conscient que Essav n’était pas aussi vertueux que son frère Yaakov. Yits’hak savait que le Nom de D-ieu ne fait pas partie du vocabulaire de Essav. D-ieu aurait pu simplement dévoiler à Yits’hak la vraie personnalité de Essav. En lui indiquant que Essav était Racha, Il aurait évité de rendre Yits’hak aveugle ? Ainsi, Yaakov aurait reçu directement les Bénédictions ! Pourquoi D-ieu ne révéla-t-Il pas la vérité à Yits’hak ?

La réponse est simple et la leçon est forte : D-ieu répugne la médisance – le Lachon Hara, même lorsqu’il s’agit d’une personne aussi méchante que Essav. En dépit du fait que Essav était Racha, D-ieu s’est abstenu de le publier. Dans ce passage, la Torah vient mettre l’accent sur la gravité de cette transgression.

Si D-ieu, Lui-même, s’est retenu de prononcer du Lachon Hara sur un homme comme Essav, combien devons-nous être vigilants et faire attention de ne jamais dire du Lachon Hara. Nous ne pouvons nous permettre de dire du mal d’un Juif, quel qu’il soit, car il n’est – au plus profond de son être – que bonté.

C’est en prenant exemple sur D-ieu et en faisant attention à notre discours que nous accomplissons la Mitsva de nous garder de la mauvaise langue.

Likouté Si’hoth Vol XV