Sonner l’Humilité
« Quand vous partirez en guerre contre l’ennemi qui attaque votre terre, vous sonnerez plusieurs sons brefs de trompettes. Vous vous recommanderez ainsi au souvenir de l’E-ternel, votre D-ieu, et vous serez sauvés de vos ennemis. Au jour de vos réjouissances, durant vos fêtes et à l’occasion des célébrations de la néoménie – Roch ‘Hodech – vous sonnerez des trompettes un son continu pour accompagner vos sacrifices Holocaustes et les offrandes de paix – Chélamim… »
(Nombres 10 – 9,10)
Dans la Paracha de Béhaalot’ha, D-ieu ordonne à Moché de fabriquer deux trompettes en argent ; elles devaient servir pendant les batailles et pour accompagner les sacrifices.
Quelle portée peuvent avoir les indications faites dans les versets cités plus haut dans notre vie, dans notre service de D-ieu, aujourd’hui ?
« Quand vous partirez en guerre contre l’ennemi » fait allusion au combat perpétuel que l’homme doit engager contre son mauvais penchant ; car nous n’avons pas d’ennemi plus dangereux que lui. Ceci est surtout relatif au moment de la prière qui est appelée par nos sages « le temps du combat ». A cet instant, nos deux pulsions – la divine et l’animale – s’efforcent chacune de dominer l’autre ; le mauvais penchant engage le bon penchant dans une bataille et il essaie de perturber l’individu en l’envahissant de toutes sortes de pensées futiles pendant la prière.
C’est en sonnant plusieurs sons brefs que la victoire est acquise ; c’est en ayant le cœur brisé, en se mettant en état d’humilité et de contrition devant D-ieu. C’est dans cet esprit qu’il pourra l’implorer « qu’Il ait pitié pour lui et qu’Il le sauve des eaux turbulentes. » Cette conduite assure la réalisation du verset : « vous serez sauvés de vos ennemis. »
Une personne pourrait facilement penser que la modestie et le cœur brisé ne sont des alliés qu’au début de son évolution spirituelle ; mais lorsque la victoire sera assurée et que la personne servira, alors, Hachem dans la joie et avec toutes ses capacités intellectuelles, là, les caractères de modestie et d’humilité ne seront plus indispensables.
C’est pour éviter cette fausse interprétation que la Torah enchaîne en disant « Au jour de vos réjouissances, durant vos fêtes et à l’occasion des célébrations de la néoménie – Roch ‘Hodech – vous sonnerez des trompettes… » Même après que la personne a vaincu l’ennemi, et même si elle a déjà atteint un niveau de proximité avec le Divin – exprimé ici par les offrandes – les trompettes devront toujours sonner ; la modestie et l’humilité restent les ingrédients indispensables pour le service de D-ieu.
Nos sages nous indiquent que l’Holocauste – sacrifice entièrement consumé sur l’autel – devait précéder les offrandes de Chélamim – de paix. Dans sa dimension spirituelle, cette loi signifie qu’une personne doit préalablement se consumer devant D-ieu, s’annuler entièrement, car c’est ce préambule qui lui permettra de servir Hachem dans la forme des Chélamim – duquel l’homme tirait profit en consommant une partie –, c’est-à-dire avec toutes ses capacités intellectuelles et tout son plaisir.
Dans un contexte plus général, l’Holocauste représente la prière, car l’homme y dévoile entièrement son cœur devant D-ieu ; tandis que les Chélamim de l’homme représentent les activités professionnelles quotidiennes, et doivent être abordées dans l’esprit des paroles de nos sages : « Tous tes actes seront pour l’amour de D-ieu. » Ils feront écho au conseil de Salomon : « Connais-Le dans toutes tes voies. » En outre, le fait que l’Holocauste devait être offert avant les Chélamim nous indique qu’une personne ne pourra vaquer à ses affaires personnelles qu’après avoir préalablement fait sa Téfila - prière.
Likouté Si’hoth Vol XIII
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