Réclamer Pour Recevoir

La Paracha de cette semaine, Béhaalot’ha, raconte comment le peuple d’Israël offrit le sacrifice de Pessa’h, le quatorze Nissan, un an après la sortie d’Egypte. Ce fut l’unique occasion où ils offrirent ce sacrifice pendant leur séjour de quarante années dans le désert.

Certaines personnes étaient impures et ne purent apporter, comme leurs frères, leur sacrifice. Elles se présentèrent, alors, devant Moché et demandèrent (Nombres 9 – 7) : « Pourquoi serions-nous privés du privilège d’offrir le sacrifice pour D-ieu, en son temps, parmi les Béné-Israël! »

Hachem dit à Moché de leur répondre qu’elles ne seront pas lésées, et auront la possibilité de se rattraper. Toutes ces personnes impures ce jour, pourront offrir le sacrifice de Pessa’h, un mois plus tard, le quatorze Iyar.

La Torah n’est pas un livre d’histoire, c’est une source d’enseignements pour le service de D-ieu. C’est pourquoi, il arrive que les événements n’y soient pas rapportés dans l’ordre chronologique. Mais si le cas se présente, nos sages trouvent toujours une raison qui justifie ce changement.

Le livre de Bamidbar commence par le recensement du peuple d’Israël. Cet événement a eu lieu le 1er Iyar. Or les événements relatés dans notre Paracha, Béhaalot’ha, prirent place un mois plus tôt, au début du mois de Nissan. 

Rachi explique que la Torah prit la précaution d’inverser les événements pour l’honneur d’Israël. En commençant Bamidbar par le recensement, on souligne l’attention que D-ieu porte à Son peuple. Alors que l’épisode du sacrifice de Pessa’h n’est pas à l’avantage du peuple Juif. Le contraire serait plutôt vrai, il révèle une conduite qui est honteuse. Car les Béné-Israël acceptèrent, sans aucune réticence, le fait qu’ils n’aient plus à offrir de sacrifice de Pessa’h pendant tout leur séjour dans le désert. Ils étaient conscients qu’ils ne seraient amenés à reprendre ce rite qu’après la conquête de la terre d’Israël, et ceci ne suscita pas de réclamation de leur part. Comment n’ont-ils pas réclamé ce privilège d’offrir le sacrifice pendant les trente-neuf autres années !?

Cependant, cette explication proposée par Rachi, demande quelques précisions. Car, si Israël n’a pas pu offrir le sacrifice de Pessa’h pendant toutes les années où il séjourna dans le désert, c’est tout simplement parce que Hachem ne les y avait pas invité. Il indiqua à Moché que ce sacrifice ne serait offert, à nouveau, qu’après la conquête de la terre. Pourquoi  la Torah considère-t-elle alors cet épisode comme un événement déshonorant pour le peuple Juif ?

En fait, même si les Béné-Israël ne furent pas soumis à pratiquer ce rite dans le désert, ils pouvaient cependant réclamer le droit de le faire. Ils auraient dû revendiquer ce privilège. D’ailleurs, l’épisode rapporté dans notre Paracha montre bien que cela aurait été possible. Hachem n’a-t-Il pas dérogé pour ceux qui demandèrent sincèrement le droit d’offrir le Pessa’h !? D-ieu institua alors, grâce à eux, une nouvelle Mitsva, celle du deuxième Pessa’h.    

C’est dans ce sens que cet événement déshonore le peuple d’Israël. Car il pouvait agir de la même façon les années suivantes et il aurait certainement reçu l’approbation par D-ieu d’offrir, même dans le désert, le sacrifice de Pessa’h.

La Torah est éternelle ainsi que les messages qu’elle nous transmet. Cette histoire doit nous inspirer dans notre service de D-ieu, aujourd’hui. Les Juifs doivent réclamer sans cesse « Pourquoi serions-nous privés du privilège ! » Cette requête, cette prière, est justifiée notamment de nos jours. Cette revendication exprime notre désir le plus cher, la révélation immédiate de Machia’h. 

Likouté Si’hoth Vol XXIII

 

 
 
Par le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson ; compilé et adapté par Eliahou Dahan
Le Rav Eliahou Dahan est l'émissaire du Rabbi de Loubavitch à Lille et le rabbin régional de Lille et du Nord-Pas de Calais.

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