Allumeurs De Réverbères
« Parle à Aharon... Béhaalot’ha – Quand tu allumeras les lampes... »
(Nombres 8 – 1)
La Paracha de cette semaine commence par l’injonction adressée aux Cohanim d’allumer quotidiennement la Ménorah dans le Temple. Nos sages nous font remarquer que le terme de « Béhaalot’ha » ne signifie pas exactement « Quand tu allumeras », mais plutôt « Quand tu feras monter » ; Selon Rachi, la Torah tient ici à indiquer à l’homme préposé à l’allumage qu’il maintienne la flamme près de la mèche jusqu’au moment où celle-ci s’embrase par elle-même.
Nous devons, comme Aharon, jouer le rôle d’allumeurs de réverbères. Nous avons la possibilité, chaque jour – et ce dans divers domaines – d’inspirer, de soutenir et d’aider ceux qui sont dans notre entourage. Alors, lorsque l’opportunité se présente, nous ne devons pas nous suffire d’apporter une aide superficielle qui ne garantisse pas que l’autre ne tombe à nouveau dans la détresse ; à l’instar de Aharon, nous devons maintenir la flamme – le soutien – jusqu’à ce que notre protégé soit capable de se défendre seul.
Il est dit, un peu plus loin dans notre Paracha (Nombres 11 – 17) : « Je ferai émaner de l’esprit qui est sur toi pour le faire reposer sur eux. » Dans ce passage, D-ieu indique à Moché qu’il retirera de son esprit pour le faire partager avec soixante-dix anciens. Pourtant, nos sages nous expliquent que Moché ne perdit rien de son pouvoir prophétique par cet acte de partage. En effet, cela – disent-ils – peut être comparé à une personne qui allumerait une multitude de bougies à partir d’une seule flamme ; cette dernière ne perd rien de son pouvoir de lumière, de brillance et de chaleur.
Il en est ainsi pour nous : le fait de nous engager pour aider et inspirer notre entourage ne nous affaiblira pas. Au contraire, cela ne pourra qu’amplifier la lumière, le bien et la justice.
Dans cet esprit, Maïmonide énumère dans son livre « Yad Ha’hazaka » les niveaux différents dans la façon de donner la Tsédaka. La plus belle manière d’entreprendre ce geste est de le faire de manière discrète et d’aider l’autre au point qu’il puisse « se tenir seul sur ses pieds. »
L’âme est comparée à une flamme, à une lumière Divine. Aussi, nous devons nous efforcer de raviver la flamme d’une autre jusqu’à ce que celle-ci puisse poursuivre son élévation par elle-même. L’objectif doit être de faire découvrir l’indépendance à notre prochain. Nous devons, alors l’encourager à développer ses propres talents et qualités pour que sa lumière brille par elle-même, et pour, qu’à son tour, il ravive le potentiel d’autres personnes.
Avant l’apparition de l’électricité, les villes étaient éclairées par des réverbères à gaz. Les hommes en charge de l’éclairage étaient appelés « les allumeurs de réverbères ». Certaines lampes étaient installées dans des lieux repoussés et difficiles d’accès ; il y en avait même qui étaient négligées et recouvertes – avec le temps – de poussière. L’allumeur consciencieux devait s’assurer que, dans son quartier, chaque lampe brille de toute sa lumière.
Nous devons, nous aussi, nous efforcer de trouver ceux – parmi nos frères – qui sont difficiles d’accès, ceux qui sont abandonnés et habituellement négligés, pour leur offrir l’assistance matérielle et spirituelle.
Likouté Si’hoth Vol II
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