Construire le Temps

La Paracha de cette semaine, Émor, contient une grande partie réservée aux lois relatives aux fêtes. Nous y trouvons aussi la Mitsva de compter le Omer – les 49 jours qui séparent la fête de Pessa’h de Chavouoth.

Ainsi, chaque soir, durant cette période de sept semaines, nous comptons les jours et les semaines écoulés en récitant préalablement une Béra’ha – une bénédiction.

Nos sages s’interrogent sur les conséquences d’un éventuel oubli de compter, un soir le Omer. Selon un premier avis, chacun des 49 jours a sa raison propre et constitue une Mitsva à part entière. La personne qui aura oublié de compter le Omer pourra donc continuer. D’autres sages défendent l’idée selon laquelle les 49 jours constituent une seule entité. En conséquence, l’oubli d’un jour compromet la poursuite de la Mitsva, et la personne devra cesser de compter le Omer. La Hala’ha – la loi – tranche que dans le cas d’un oubli, la personne devra, certes, continuer à compter les jours suivants, mais elle le fera sans prononcer de Béra’ha.

Cette loi sert de jurisprudence dans d’autres cas de figure : un homme qui se convertirait durant la période du Omer et qui aurait compté le Omer avant sa conversion. Cet homme, n’ayant l’obligation d’observer les Mitsvoth qu’à partir du moment de sa conversion, ne pourra, de ce fait, compter le Omer les jours suivants.

Par contre, un enfant qui deviendrait Bar Mitsva durant cette période poursuivra le compte qu’il a commencé avant de devenir religieusement majeur. Il pourra continuer à réciter la bénédiction tous les soirs, car même si avant la Bar Mitsva il n’avait pas réellement l’obligation d’observer les Mitsvoth, il se doit de pratiquer les Mitsvoth – par institution Rabbinique – dans le but de faire son éducation.

Certains avis pensent qu’aujourd’hui, depuis la destruction du Temple et avant la venue de Machia’h, la Mitsva du compte du Omer n’est qu’une institution Rabbinique. Ainsi, dans le cas où le Machia’h viendrait pendant la période du Omer, nous poursuivrons notre compte avec Béra’ha.

Nos sages affirment que toutes les Mitsvoth que nous observons aujourd’hui, pendant l’exil, ne constituent qu’une préparation à celles que nous pratiquerons de la manière la plus intégrale après la venue de Machia’h. En attendant, nos Mitsvoth ne sont qu’un entraînement pour cette période optimale.

Néanmoins, ils n’en reste pas moins que les Mitsvoth, réalisées en période d’exil, sont précieuses, puisque que ce sont elles qui pavent le chemin qui nous mène à la Guéoulah. En outre, la Mitsva de Séfirath Haomer – exprimant par le compte quotidien le désir d’atteindre enfin la fin de la période supputée – a le pouvoir de hâter la venue de Machia’h.

Likouté Si’hoth Vol I