Le Juif Saule
« Vous prendrez, le premier jour [de Souccoth], le fruit d’un bel arbre [Etrog], une branche jointe de palmier, des rameaux de feuilles de myrte et des saules de rivière ; vous vous réjouirez devant l’E-ternel votre D-ieu pendant sept jours. »
(Lévitique 23 – 40)
Concernant les trois premières espèces, les conditions données dans la Torah doivent être remplies à la lettre pour accomplir la Mitsva comme il se doit. L’Etrog doit être un fruit entier et de bel aspect ; s’il paraît sec, il devient impropre. La branche de palmier doit être jointe, c’est-à-dire que ses feuilles doivent rester attachées à la tige centrale. Le myrte doit être composé de façon régulière de séries de trois feuilles qui poussent depuis la même souche. Cependant, le saule de rivière ne doit pas nécessairement pousser près d’une rivière ; tant qu’il fait partie de la famille des saules, il remplit déjà la condition pour servir à la Mitsva.
Nous pouvons nous interroger sur la raison de cette différence dans la loi.
Le Midrash nous dit que les quatre espèces de végétaux utilisés pendant Souccoth symbolisent quatre types de Juifs : L’Etrog possède un bon goût et une bonne odeur ; il symbolise le Juif qui à pour qualité l’étude de la Torah et celle de faire des bonnes actions. La branche de palmier [issu d’un dattier] a un goût mais n’a pas d’odeur particulière ; elle représente le Juif qui étudie mais qui fait peu de bonnes actions, proportionnellement à son étude. Puis nous avons celui qui produit de bonnes actions sans étudier qui comme le myrte a une odeur et dont le goût est absent. Le saule n’est pas comestible et n’a pas d’odeur, non plus ; il désigne celui qui ne possède ni la Torah ni les bonnes actions.
La Mitsva est de prendre toutes ces quatre espèces à Souccoth afin de représenter la situation idéale dans laquelle tous les Juifs sont unis.
Ceci est la différence fondamentale entre les trois premières espèces et le saule. Les trois premières espèces végétales ont un point commun ; elles ont chacune certaines qualités apparentes. Par conséquent, il est plus facile de concevoir qu’elles puissent s’unir.
En les reliant avec le saule - le Juif qui n’a aucune qualité – nous montrons que cette unité n’est pas le fruit d’un rassemblement des qualités, mais plutôt, le reflet de l’essence commune qui les habite; car lui aussi est Juif. Ce caractère est intrinsèque à tout individu descendant d’Avraham, d’Yits’hak et de Yaakov, même s’il ne manifeste aucune qualité apparente. Même si cette personne ignore son Judaïsme, elle garde ce caractère essentiel.
C’est pourquoi, il existe une différence entre les trois premières espèces et le saule. Ce dernier ne doit pas obligatoirement pousser au bord d’une rivière pour être relié aux autres.
Même si un Juif ne grandit pas près de ses frères et de sa culture, étant le descendant d’Avraham, d’Yits’hak et de Yaakov, il est donc une partie intégrante du peuple Juif et est, de ce fait, relié aux autres.
A l’instar de ces quatre espèces qui sont toutes indispensables pour faire la Mitsva, ainsi tous les Juifs doivent développer l’unité ; si le saule manque à l’appel, c’est le Judaïsme, dans sa totalité, qui fait le déficit d’une de ses composantes essentielles. Et de même que le saule n’a pas besoin de qualité apparente pour pouvoir faire partie du bouquet, ainsi doit être notre rapport avec le juif-saule, il doit exister sans aucune condition préalable.
Likouté Si’hoth Vol XXII