Le Sacrifice Personnel
La Paracha de Emor contient la Mitsva de Kidouch-Hachem – la sanctification du Nom de D-ieu. « Vous ne profanerez pas Mon Saint Nom, et Je serai sanctifié parmi les Béné-Israël. » Chaque Juif doit être disposé à donner sa vie plutôt que de nier D-ieu. Son sacrifice pour l’amour de D-ieu apportera la sanctification de Son Nom à travers le monde.
Il existe, en fait, deux types de Kidouch-Hachem : dans le premier cas, un Juif est amené à vouloir sacrifier sa vie mais un miracle se produit et il ne meurt pas. L’autre cas concerne celui qui est effectivement mort. Nos sages débattent pour définir laquelle de ces deux expériences constitue le plus haut degré de Kidouch-Hachem.
Maïmonide maintient que la personne n’accomplit cette Mitsva qu’en y laissant sa vie. C’est en manifestant son engagement publiquement que chacun verra que sa foi en D-ieu est inébranlable.
Cependant, le Midrash défend la thèse opposée. Lorsque D-ieu fait un miracle pour sauver cet homme, Son Nom s’en trouve encore plus glorifié. Dans ce dernier cas, chacun prend conscience de la foi inconditionnelle du Juif, mais aussi de la manifestation de la Main Divine au travers du miracle.
Le Midrash affirme que l’homme qui est sauvé a en réalité un mérite particulier. Il rapporte deux exemples de Kidouch-Hachem pour illustrer cette idée : celui de ‘Hanania, Michaël, et Azaria qui étaient sur le point d’être jetés dans une fournaise mais un miracle se produisit et ils restèrent en vie ; puis celui de deux juifs qui se nommaient Papus et Lulyanus.
Maryanus, le romain, dit à Papus et Lulyanus : « Vous faites partie du peuple de ‘Hanania, Michaël, et Azaria ! Que D-ieu vous fasse un miracle comme Il le fit pour eux ! »
Papus et Lulyanus répondirent : « ‘Hanania, Michaël, et Azaria étaient des hommes justes et Nabuchodonosor méritait d’avoir la révélation du miracle. Toi, par contre, tu n’es qu’un méchant homme insensible, et nous sommes, nous-mêmes, des pécheurs. »
De ce texte nous pouvons déduire que lorsque D-ieu sauve un Juif par le biais du miracle, c’est, en fait, un homme qui a un mérite particulier. La sanctification est donc infiniment plus grande.
Néanmoins, le Midrash et Maïmonide s’accordent sur le fait que nul ne doit rechercher le sacrifice en comptant sur l’éventuel miracle. Le Midrash exprime cela ainsi : « Celui qui donne sa vie dans l’espoir de voir le miracle se produire ne le méritera pas. » Le fait de compter sur une intervention miraculeuse s’oppose à sa réalisation.
Espérons que le mérite de l’étude de ces concepts anticipe la réalisation de la prophétie : « Je sanctifierai Mon Grand Nom... Les nations sauront que Je suis l’E-ternel. »
Likouté Si’hoth Vol XXVII