La Place du Chabbath

Une grande partie de la Paracha de Émor parle des fêtes. Cependant, ce sujet est introduit par le verset : « Durant six jours, tu travailleras, mais le septième jour sera Chabbath Chabbaton… tu ne feras aucun travail. »

Rachi commente, ainsi, ce verset : « Pourquoi le Chabbath est-il cité ici en introduction aux fêtes ? C’est pour nous apprendre que celui qui profane les jours de fêtes est comparable à celui qui transgresse le Chabbath ; et que celui qui observe les jours de fêtes est comparable à celui qui garde le Chabbath. »

Le terme « six jours » ne se réfère pas seulement à six journées distinctes, mais plutôt à une unité de temps qui se prolonge sur six jours. Aussi, lorsque la Torah indique que pendant « six jours, tu travailleras », cela signifie que D-ieu crée une plage de temps particulière dans laquelle le travail doit être fait. Le travail est alors interdit dans toute période qui ne correspond pas au cadre de l’ensemble des six jours profanes.

Or, en introduisant le chapitre des fêtes par la recommandation : « six jours tu travailleras », la Torah définit ainsi deux périodes : a) six jours dans lesquels le travail doit être fait. b) le travail est interdit dans toute autre période.

Ainsi, puisque le temps des fêtes ne correspond pas aux critères des six jours profanes, le travail y est donc interdit. Nous pouvons donc comprendre aisément le parallèle que fait Rachi entre les fêtes et le Chabbath.

Nos sages affirment dans la Mé’hilta que le verset : « six jours, tu travailleras » est une Mitsvath Assé, un commandement, une obligation. C’est dans cet esprit que le verset dit : « D-ieu te bénira dans tout ce que tu feras. » L’homme doit agir et créer un réceptacle pour la bénédiction Divine.

Néanmoins, ceci ne s’applique qu’aux affaires du corps. Ce verset s’adresse à l’âme juive qui s’incarne dans les limites du corporel ; dans ce cadre-là, l’homme doit se conformer aux règles de la nature. C’est pourquoi, nos sages affirment que « l’homme ne doit pas s’en remettre aux miracles » ou encore que « la loi du pays est la loi. »

Toutefois, pour l’âme, elle-même, le travail est superflu ; la Néchama remplit sa mission en jouissant du repos du Chabbath et des fêtes. Il en ressort, donc, deux aspects opposés mais complémentaires dans le service de D-ieu : Durant les six jours où l’homme doit agir, le travail a un caractère de Mitsva. Mais, dès que l’on quitte ce cadre pour entrer dans l’atmosphère du Chabbath et des fêtes, l’âme Juive prend le dessus et brille de toute sa splendeur ; l’homme doit, alors, transcender le corps et ses besoins physiques. Dans cet esprit, le travail n’a pas sa place.    

Likouté Si’hoth Vol XVII