Hachem – Le Grand Prêtre

Au début de la Paracha de Émor, D-ieu demande à chaque Cohen – le prêtre – de veiller à ne pas entrer en contact avec un mort, car, ainsi, il deviendrait impur. Il peut, du moins, s’occuper de l’inhumation de sept de ses proches : son père, sa mère, son frère, sa sœur, son fils, sa fille ou sa femme. Néanmoins, un Cohen Gadol – le Grand Prêtre – ne devra jamais devenir impur même pour ses parents.  

Nos sages nous ont transmis une tradition qui dit que D-ieu pratique, Lui aussi, les Mitsvoth qu'Il ordonne au peuple Juif. Dans cet esprit, le Talmud raconte qu'un hérétique interrogea, une fois, Rabbi Avahou : « La Torah témoigne que D-ieu – le Grand Prêtre – enterra Moché ; Il est donc devenu impur. Comment s’était-Il alors purifié par l’immersion ? » Rabbi Avahou répondit que D-ieu S’immergea dans le feu. 

Nos Sages expliquent cette discussion de différentes façons. Les Tosefoth expliquent que la question de l'hérétique ne concernait pas le principe d’impureté relatif à D-ieu, car les Juifs sont considérés comme Ses enfants, et un père Cohen peut devenir impur pour inhumer son fils. Ainsi, le Zohar affirme que D-ieu deviendra impur pour libérer les Juifs de l’exil. Pourtant, la question de l’hérétique parait toujours pertinente :  Si D-ieu est Grand Prêtre, il lui est donc interdit de devenir impur même pour Ses enfants ? 

Précisons d’abord le sens des paroles de nos sages qui impliquent que D-ieu observe les mêmes Mitsvoth que nous. Évidemment, cela ne veut pas dire que D-ieu met une énorme une paire de Tefillin ou S'assied dans une gigantesque Soucca céleste. Cela signifie, plutôt, que le Mitsva de Tefillin ou de Soucca existe dans l’Au– delà dans une forme spirituelle plus raffinée. C’est justement parce que les Mitsvoth existent dans cette source spirituelle qu’elles se traduisent aussi dans notre monde physique ! Puisque rien n'existe ici-bas sans avoir un ascendant spirituel équivalent. 

Ainsi, en parlant de D-ieu qui met les Tefillin ou qui sonne le Chofar, nous traitons de concepts spirituels abstraits. En tant qu’êtres humains vivant dans un monde physique, nous accomplissons ces mêmes processus spirituels en exécutant la Mitsva d’une manière physique, c’est à dire avec une corne de bélier, un parchemin pour une Mézouza, etc. Néanmoins, bien qu'il y ait une similitude entre une Mitsva terrestre et celle qui existe dans son état spirituel, ceci ne s’applique que dans sa dimension positive. Par exemple, s’il existe bien des restrictions et des conditions particulières d’application d'une Mitsva dû au fait que celle-ci prend place dans un monde matériel limité et fini, cela n'implique pas que cette Mitsva soit soumise aux mêmes contraintes dans l’Au-delà, puisque D-ieu est plus haut que toutes les limites.  

En conséquence, l’interdiction pour le Grand Prêtre de devenir impur implique, dans la dimension spirituelle, seulement que le Grand Prêtre est au-delà de toute impureté. Dans notre monde, cependant, dû aux limites du corps, il pourrait arriver que le Cohen Gadol devienne  impur. De cette perspective, l’interdiction de la  Torah découle plus d’une « concession » à la matérialité, que d’un reflet de l'essence de la Grande Prêtrise. 

En réalité, la dimension spirituelle du Grand Prêtre – D-ieu – reste imperméable face à l’impureté. L'enterrement de Moché et notre libération de cet exil n'ont, donc, aucune incidence sur Son Essence. 

Likouté Si’hoth Vol VII