Faire un Nœud Pour Ne Pas Oublier
L’oubli est considéré, depuis la nuit des temps, comme la bête noire des hommes. Combien de fois se surprend-on à dire d’un air désabusé : « J’ai oublié. » Ce n’est donc pas étonnant si, des siècles durant, l’homme essaya d’inventer des méthodes lui permettant de rafraîchir sa mémoire.
Une des méthodes les plus anciennes - et qui parait avoir fait ses preuves puisqu’elle est encore utilisée aujourd’hui - est celle qui consiste à faire un nœud. D'ailleurs, le Zohar commentant la Paracha Ki Tissa raconte que Rabbi ‘Hiya et Rabbi Yossi avaient l’habitude de faire des nœuds dans le but de se rappeler des leçons de Torah qu’ils avaient apprises.
La croyance que D-ieu renouvelle constamment Son acte de création est un caractère inné du Juif. Chaque jour, à chaque instant, D-ieu crée le monde de nouveau. Le Juif réalise alors, qu’il dépend continuellement d'Hachem, et ceci, à chaque instant de son existence.
Il peut donc sembler invraisemblable que l’homme en arrive à pécher ; la prise de conscience que la faute mette en jeu son rapport avec D-ieu, source de son existence, devrait donc rendre le péché impossible. Les péchés viennent, en fait, de notre inconscience. Nous oublions.
Dans notre Paracha, Moché demande à Hachem de se révéler à lui dans Sa gloire la plus manifeste. D-ieu lui répondit que ceci serait impossible, car : « Nul homme ne peut voir Mon Essence et vivre. » Cependant, D-ieu dit qu’il révélera à Moché une faible lueur de Son Essence, un rayon.
C’est alors qu'Hachem se révéla quelque peu, sous l’apparence d’un ministre-officiant habillé du Talith et portant les Téfilin. Il permit aussi à Moché de percevoir un reflet du nœud des Téfilin posé sur la nuque, et de prendre connaissance des treize attributs de miséricorde. D-ieu dit à Moché que chaque fois que le peuple d’Israël l’implorera en mentionnant ces treize attributs, Il répondra à leur prière et, lorsque cela sera nécessaire, Il leur offrira le pardon.
L’image de D-ieu se révélant habillé du Talith et portant les Téfilin symbolise l’importance de la mémoire. Le Talith et les Téfilin sont portés dans le but de nous rappeler D-ieu, la Torah et les Mitsvoth.
Concernant le Talith, il est écrit : « Et vous les verrez (les Tsitsit) et vous vous rappellerez les commandements de l’E-ternel et vous les appliquerez. » Au sujet des Téfilin, il est dit : « Ils serviront de mémorial entre tes yeux. » Puisque le péché résulte de l’oubli, le remède pour le péché déjà commis et la prévention pour le péché à venir, dépendent des rappels spirituels que nous plaçons dans nos vies.
Un message d’une grande importance est contenu, aussi, dans cette image de D-ieu montrant à Moché un nœud de Téfilin. Lorsqu’une corde se brise, au moment de la renouer, il est nécessaire de faire un double nœud, ainsi, le lien devient alors plus fort qu’auparavant. Spirituellement, le nœud représente le repentir. Ainsi, nos sages nous indiquent : « Un individu qui a péché, que doit-il faire pour vivre ? S’il avait l’habitude d‘étudier une page, il étudiera, à présent, deux pages. S’il avait coutume d’apprendre un chapitre, il en étudiera, alors, deux. » De cette façon, l’homme renoue les liens avec le Divin.
Il est important d’avoir, dans notre quotidien, des nœuds spirituels pour nous souvenir de notre rapport constant avec Hachem et pour nous rappeler qu’Il est continuellement le maître de notre existence. Ces réflexions, autant que l’action de porter le Talith et les Téfilin, nous permettent de servir D-ieu dans l’esprit des enseignements : « Tous tes actes seront faits pour l’amour de D-ieu » et « dans toutes tes voies, connais-Le. »
Likouté Si’hoth vol XXI