Une Pièce de Feu

La Paracha de cette semaine, Ki Tissa, commence par la Mitsva de Ma’hatstith-Hachekel – le don d’un demi Chekel au Temple, ainsi qu’il est dit : « Zé Yitnou – Voici ce qu’ils donneront : Un demi-Chekel… en offrande pour D-ieu. » Partant du principe que chaque fois que la Torah utilise le terme de voici – l’événement fut clair et explicite, le Talmud de Jérusalem commente : « D-ieu retira une pièce de monnaie flamboyante de dessous Son Trône de Gloire et Il la montra à Moché en disant : ‘ Zé Yitnou – voici ce qu’ils donneront’. »

Moché savait très bien ce que représentait un demi Chekel. Son interrogation venait, selon nos sages, du fait qu’il ne saisissait pas comment cette simple offrande pouvait apporter le pardon et expier les âmes du peuple Juif. Cette énigme fut résolue grâce à cette vision extraordinaire.

Quel est le sens de cette apparition ? Quelle leçon peut-on en tirer pour le service de D-ieu ?

Une pièce a une valeur fixe et identique pour tous. Certains objets ont des valeurs relatives selon les usages et les individus. Un objet pourrait être désiré par une personne en particulier qui  serait prête à dépenser une somme considérable pour l’acquérir, tandis que pour une autre personne, le même objet serait de moindre valeur. La valeur d’une pièce courante n’est pas sujette au débat ; elle est toujours identique. En outre, le mot pièce se dit en hébreu Matbéa qui découle de la même racine que le mot Téva qui signifie nature.

L’aspect physique de la monnaie symbolise la Kabbalath-Ol – acceptation du joug Divin. Cet aspect du service de D-ieu est identique pour tous. Nous sommes différents dans notre manière de comprendre ou de sentir, d’appréhender le Divin avec l’intellect et les sentiments ; dans le domaine de Kabbalath-Ol, c’est l’effacement du moi qui  prend place et sur ce point – le non-être – nous sommes, comme une pièce, égaux.

Le feu est en perpétuel mouvement vers le haut. Une flamme n’arrête jamais sa danse frénétique.

Le feu symbolise l’action et le mouvement ; c’est l’illustration d’une dynamique de progression. La Avodath Hachem – le service de D-ieu – est comme un feu qui s'efforce d’échapper aux contraintes du quotidien pour aller toujours plus haut et s’approcher de D-ieu. Cependant, les réalisations de l’homme dans le domaine spirituel dépendent de ses capacités personnelles. Le niveau qu’il atteindra sera déterminé par les efforts produits et par ses aptitudes intellectuelles et sentimentales. A cet égard, nous sommes tous différents ; nous sommes tous habités par un feu de nature distincte, à la différence de la pièce qui a une valeur universelle.

Le demi-Chekel devait être « une pièce de feu, » car il devait unir les deux caractères, les deux idées.

La nature humaine est telle que lorsqu’une personne s’engage dans une action de sa propre initiative, selon ce que lui auraient dicté ses réflexions ou ses sentiments, elle en vient systématiquement à s’enflammer : l’enthousiasme et la vitalité l’habitent. Tandis que lorsqu’elle agit dans un esprit d’obligation, l’excitation disparaît. Ses actes sont, certes, délibérés et calculés, mais ils ne sont pas enthousiastes.

Le Juif doit faire la fusion de la pièce et du feu : il doit accepter sa mission Divine avec enthousiasme et ferveur. C’est ainsi que la petite pièce devient expiatoire.

Likouté Si’hoth Vol I