L’Ultime Épreuve
La Paracha de cette semaine relate l’histoire de la Akeïda – la ligature de Yits’hak. D-ieu dit à Avraham : « Prends, s’il te plaît, ton fils... et offre-le-moi, là-bas, en sacrifice. »
Avraham fut éprouvé dix fois par D-ieu, pendant sa vie. La Akeïda constitue le dixième et l’ultime test.
Le Talmud affirme que la requête de D-ieu prit la forme d’une supplication – « Je t’en prie, apporte ton fils. » – qui indique Sa volonté à ce qu’Avraham surmonte cette dernière épreuve. « Je t’ai éprouvé plusieurs fois et tu as toujours franchi ces tests, ” dit D-ieu. “ Si tu ne surmontes pas cette épreuve, les gens pourraient dire que les premières étaient vaines et n’étaient pas sincères. »
Pourquoi était-il si important qu’Avraham passe ce dernier test, et comment son échec pouvait alors invalider les neuf premières épreuves ? Il est clair que la Akeïda représentait l’épreuve la plus difficile, mais en admettant qu’il n’ait pas réussi à passer cette étape, comment en viendrait-on à considérer les épreuves antérieures comme vaines ?
La Torah nous apprend que la première épreuve d’Avraham se déroula lorsqu’il fut jeté dans une fournaise après qu’il eut détruit les idoles de son père. Cette épreuve ne fut-elle pas aussi difficile que la dixième ?
Lorsqu’un Juif est prêt à donner sa vie pour D-ieu, il est souvent difficile de distinguer quelles sont ses motivations. S’agit-il là de l’accomplissement de la volonté Divine ou simplement l’expression d’une idée bien réfléchie. Cet homme a peut-être compris, tout simplement qu’un acte de dévouement est recommandé.
Dans le cas d’Avraham, on pouvait avancer l’argument qui disait qu’il était prêt à se sacrifier et à être jeté dans une fournaise car il était conscient de la nécessité de promouvoir l’idée de l’existence d’un D-ieu Unique. Cet acte pouvait servir d’exemple et aurait donc servi la cause. En d’autres termes, ce sacrifice personnel pouvait, en fait, être le fruit de la réflexion, un produit de l’intellect d’Avraham et non l’expression d’une véritable abnégation.
Cependant, l’épreuve de la Akeïda était totalement différente et ne pouvait souffrir de l’argument cité plus haut. Le fait de surmonter cette épreuve ne pouvait pas contribuer à la propagation du Nom de D-ieu. Bien au contraire, la requête Divine défiait toute logique. Avraham souhaitait que son fils poursuive son œuvre et qu’il continue de propager la croyance en D-ieu, mais D-ieu avait d’autres projets et Il lui demanda de le sacrifier. Si Yits’hak mourait, qui allait poursuivre son idéal ?
Ainsi, la Akeïda constituait une épreuve sur la sincérité d’Avraham et son dévouement. Etait-il capable de s’effacer dans le cas où l’intellect le menait à une autre conclusion. Etait-il prêt à sacrifier ses idéaux pour D-ieu. La capacité de résister à la dixième épreuve démontra que les neuf premières n’étaient pas vaines. Avraham venait de prouver qu’il agissait toujours par amour pour D-ieu et pas simplement parce que l’intellect l’imposait.
Ceci représente une leçon pour chacun d’entre nous – descendant d’Avraham – pour le service de Dieu. Rabbi Chnéour-Zalman écrit : « Il est recommandé de réciter chaque jour le passage de la Akeïda... dans le but de subjuguer le mauvais penchant et tirer des forces pour servir D-ieu. » C’est Avraham, le Patriarche, qui nous donne, par son exemple, le pouvoir de nous engager dans le service de D-ieu au-delà des limites de l’intellect et cela au prix du sacrifice de nos idéaux personnels.
Likouté Si’hoth Vol XX