Comment Sauver Sedom

Une des parties les plus marquantes de notre Paracha est l’épisode où Hachem annonce à Avraham qu’Il s’apprête à détruire la ville de Sodome. Avraham tenta tout pour Le dissuader, ainsi qu’il est dit : « Avraham s’avança et dit : ‘Anéantirais-Tu l’innocent avec le coupable ? »

D’après Rachi – le plus célèbre commentateur de la Torah – le verset signifie qu’Avraham entreprit plusieurs initiatives de persuasion : l’argument ferme et dur, la conciliation et la prière.

Avraham voulait faire tout ce qui était en son pouvoir pour sauver la ville de Sodome. La première tentative fut de parler durement à D-ieu. Lorsqu’il vit que cela ne fit aucun effet, il tenta, alors, de L’apaiser ; puis, lorsqu’il pris conscience que cela ne marcherait pas non plus, il se décida à prier. Dans son esprit, toutes ces approches furent valables puisqu’elles avaient pour but de persuader D-ieu d’annuler Son décret.

Avraham est appelé – dans la Torah – par D-ieu : « Avraham, celui qui M’aime. » Comment peut-on alors concevoir que notre patriarche ait eu l’audace de parler fermement à Hachem ? D’autre part, pourquoi Avraham a-t-il commencé à présenter sa requête par de dures paroles ? Il aurait été plus judicieux d’essayer d’abord de tenter une conciliation ou de prier ? ! Avraham n’était-il pas justement reconnu pour sa gentillesse ? !

La réponse tient dans le fait qu’Avraham tentait, ici, de sauver des vies. D-ieu avait déjà prononcé Son décret ; des anges avaient été nommés et envoyés pour détruire la ville. Avraham ne vit alors aucune autre alternative que celle de demander à D-ieu de changer d’avis, même s’il devait user, pour cela, de paroles dures.

A cet instant critique, Avraham ne pouvait pas se payer le luxe de prendre en compte des considérations personnelles. Aucune méthode ne semblait déplacée ; la seule chose qui importait, c’est que la ville soit sauvée. De telles paroles ne correspondaient pas, certes, à l’image du personnage d’Avraham ; néanmoins, il ne s’abstint pas de les prononcer, car il avait espoir qu’il sauverait peut-être ainsi la ville et ses habitants.

Nous devons – en tant que descendants d’Avraham – apprendre une leçon de ce récit ; nous devons imiter la conduite des patriarches.

Lorsqu’il s’agit de sauver – matériellement ou spirituellement – notre prochain, nous ne pouvons nous arrêter pour envisager et considérer les différentes options. Il n’y a qu’une chose à faire : agir immédiatement. Tous nos efforts et toutes nos forces doivent être employés ; même si dans un premier temps cela peut paraître contraire à notre nature. Tout devient alors permis pour sauver la vie – ou l’âme – de son prochain.   

Likouté Si’hoth Vol X