Les Conditions Naturelles d’Une Mitsva

« Vayéra Élav – Et D-ieu lui apparut… Il leva les yeux et vit trois hommes. »

(Genèse 18 – 1)

« Cet événement eut lieu au troisième jour après la circoncision ; D-ieu lui rendit alors visite pour prendre des nouvelles de sa santé. »

Rachi

C’est de cet épisode – la visite de D-ieu chez Avraham – que nous apprenons l’importance de la Mitsva de Bikour ‘Holim – visiter les malades. De plus, la Torah ne cite pas Avraham par son nom (Et D-ieu lui apparut), pour nous montrer que ladite visite ne fut pas conditionnée. D-ieu ne rendit pas visite à Avraham à cause de ses qualités et de ses vertus ; Il vint jusqu’à lui simplement parce qu’il était souffrant. Ainsi, est cette Mitsva : Nous devons nous soucier de chaque malade, quel que soit son état spirituel.

Il est tout de même intéressant de comprendre ce qui pousse le Talmud à dire que la visite eut lieu précisément le troisième jour suivant l’opération.

Il existe un principe fondamental selon lequel les Mitsvoth doivent impérativement être appliquées dans le cadre le plus naturel possible. Dans cette démarche, le miracle n’a pas sa place, car les Mitsvoth furent données dans le but de raffiner le monde matériel et de l’investir de sainteté. Cet objectif ne peut pas être atteint si les commandements sont appliqués hors cadre de la nature – dans la dimension miraculeuse. Toutes les phases de la Mitsva doivent suivre cette règle, même les étapes préparatoires.

On raconte, d’ailleurs, qu’au court d’une traversée en bateau, Rabbi Chnéour-Zalman voulait faire Kiddouch Lévana – la bénédiction mensuelle sur la lune. Le Maître demanda au capitaine d’arrêter le bateau pour pouvoir faire sa prière, mais celui-ci refusa. Le Rabbi produisit alors un miracle et le bateau s’arrêta. Pourtant, Rabbi Chnéour-Zalman n’en profita pas ; il demanda au capitaine de reprendre sa route et de s’arrêter de son plein gré. Pour le maître il était inconcevable que la phase préparatoire de la Mitsva – l’arrêt du bateau – fasse abstraction du cadre naturel.

Nous devons nous efforcer d’appliquer les Mitsvoth même lorsque des difficultés les accompagnent ; un miracle qui interviendrait pour faire disparaître l’obstacle dénaturerait la Mitsva.

Il est convenu que l’homme a un statut de « malade » les trois jours après la Mila. L’ange Rephaël – le guérisseur – était parmi les trois anges qui vinrent chez Avraham. Or, il est évident que D-ieu ne pouvait envoyer la guérison dès les premiers jours après l’opération, puisque, de ce fait, Il aurait affecté l’intégrité de la Mitsva en y introduisant un miracle. Nous en déduisons donc que l’ange ne fut pas envoyé pour amoindrir l’acte courageux d’Avraham : c’est donc le troisième jour que Hachem l’envoya.

Likouté Si’hoth Vol V