Une Alliance Eternelle

La Paracha de cette semaine raconte la naissance de Yits’hak et sa circoncision qui prit place alors qu’il n’était âgé que de huit jours. Le Midrash rapporte que Yits’hak et Yichmaël se disputèrent afin de définir qui des deux était le plus méritant. Yichmaël dit qu’il avait plus de mérite puisqu’il avait été circoncis à l’âge de treize ans. Tandis que Yits’hak défendait son point de vue en rappelant qu’il avait été circoncis alors qu’il n’avait que huit jours.

L’argument de Yichmaël paraît bien se tenir : en effet, à 13 ans il avait les moyens de s’opposer à ce rite et il ne l’a pas fait. Ceci peut justifier sa supériorité. Par contre, nous devons comprendre ce qui permettait à Yits’hak de croire que son lien avec Hachem était plus solide parce qu’il fit la Milah à 8 jours – âge auquel il ne pouvait pas exprimer son avis.

La Torah expose ainsi l’objet de la Mitsva de Milah : « Ce sera mon alliance dans votre chair, une alliance éternelle. » La circoncision crée un lien éternel entre l’individu et D-ieu. Lorsqu’une alliance est conclue entre deux amis, nul ne pourra garantir que celle-ci perdurera, car l’homme est sujet au changement.  Par contre, si c’est D-ieu qui conclue l’alliance – en l’occurrence  celle contractée avec le peuple juif par la Milah – celle-ci sera éternelle.

Ceci explique pourquoi nous pratiquons la circoncision à l’âge de huit jours – au moment où l’enfant n’a pas son mot à dire.

Lorsqu’une personne prend l’initiative de s’engager dans une certaine démarche, il lui faut prévoir un délai pour se préparer à mettre en œuvre son projet. Par contre, le lien mis en place par la circoncision n’est pas le produit des efforts de l’homme ou de sa volonté ; il est entièrement réalisé par D-ieu. Lorsqu’un Juif se circoncis, D-ieu se lie à lui par « une alliance éternelle » . C’est pourquoi, il n’est pas nécessaire d’attendre que l’enfant soit âgé pour participer consciemment à cet acte, car, en fait, ce qui importe ici c’est que l’alliance soit entièrement contractée par Hachem pour qu’elle jouisse du caractère éternel. Nous procédons, donc, à la Milah le plus tôt possible.

Ainsi, le mérite de Yits’hak ne surpasse pas seulement celui de Yichmaël, mais aussi celui de son père Avraham. Car Avraham ne reçut la Mitsva de Milah qu’après avoir atteint les plus hauts degrés de perception que l’homme peut atteindre par ses propres moyens. La Milah d’Avraham ne constitua pas, encore, la plus haute expression de l’alliance – celle naissant de la seule volonté Divine.     

C’est l’expérience de la Milah de Yits’hak qui nous révéla que le but de cette Mitsva est de créer un lien qui ne dépend pas de l’engagement de l’homme mais uniquement du choix arbitraire de D-ieu.   

Likouté Si’hoth Vol XXV