Plus Fort Que La Raison

D-ieu annonça à Avraham – alors qu’il avait déjà Yichmaël – qu’il allait avoir un autre enfant, Yits’hak. Mais Avraham répliqua : « Puisse Yichmaël mériter de vivre devant toi. » Avraham se serait suffi de voir son fils Yichmaël suivre la voie des commandements de D-ieu.

Cependant, Hachem expliqua à Avraham que le peuple Juif ne sera issu qu’à partir de la descendance  de Yits’hak. Hachem assura qu’il tirera satisfaction de la conduite de Yichmaël, mais que c'est de son fils Yits’hak qu’il obtiendra la vraie satisfaction. 

La naissance de Yichmaël fut un phénomène naturel, alors que celle de Yits’hak était le fruit d’un miracle. Avraham et Sarah ne pouvaient pas avoir d’enfant à un âge si avancé. Personne ne pouvait croire qu’une telle chose allait se produire. Pourtant, Yits’hak naquit.

Il existe une autre différence entre Yits’hak et Yichmaël ; c’est l’âge auquel ils entrèrent dans l’alliance de la Milah.

Yichmaël avait treize ans lorsqu’il fut circoncis. A cet âge, l’intellect d’une personne est déjà assez stable. L’homme est alors capable de prendre des décisions rationnelles basées sur la réflexion. C’est la raison pour laquelle l’homme devient, à cet âge, responsable de ses actes et soumis à l’application des Mitsvoth. A treize ans, Yichmaël accepta consciemment de se relier à D-ieu et fut circoncis. 

La circoncision de Yits’hak prit place alors qu’il n’était âgé que de huit jours. Personne ne pouvait obtenir la permission de l’enfant pour pratiquer cet acte. Mais c’est précisément dans ce cas que l’alliance est éternelle, car elle est inconditionnelle.

L’éducation de Yichmaël avait tout d’une éducation normale et sans souci. Il grandit sous le regard des ses parents qui donnèrent les moyens de comprendre et les outils qui l’amèneraient à s’attacher à D-ieu. Leurs efforts furent récompensés lorsqu’il prit la décision de faire la Brith-Milah à l’âge de treize ans.

Cependant, le Judaïsme ne peut être basé uniquement sur des fondements issus de l’analyse intellectuelle. Le Judaïsme est conscient que les capacités intellectuelles de l’enfant de treize ans ont leurs limites et que les vérités établies à cet âge ne sont pas immuables. Nul ne saurait prévoir l’avenir de telles convictions face aux épreuves que rencontre l’adulte. Chez cette personne, le fondement même de son Judaïsme – l’intellect – est déficient. 

D-ieu assura donc à Avraham qu’il obtiendrait le réel Na’hath – la véritable satisfaction – de son fils Yits’hak. Car comme pour la naissance de Yits’hak, le Judaïsme n’est pas soumis aux données naturelles. Le lien entre les Juifs et D-ieu transcende entièrement la nature ; il s’agit d’une union éternelle. Si le Judaïsme s’installe chez l’enfant à l’âge de huit jours, nous pouvons avoir l’assurance qu’il sera stable et immuable.

La leçon est claire. Nous ne pouvons pas reporter l’éducation Juive d’un enfant jusqu’à l’âge de la raison. C’est dès la naissance que nous devons inculquer chez l’enfant les valeurs d’un Judaïsme qui transcende toutes les limites de la nature. L’enfant qui sera élevé ainsi apportera une véritable satisfaction à ses parents.

Likouté Si’hoth Vol I