Substance du Judaïsme
La Paracha de Le’h-Lé’ha débute par ce verset : « Quitte ton pays, ton lieu de naissance…Je ferai de toi une grande nation… »
Il est intéressant de remarquer que la Torah nous parle ainsi d’Avraham sans même introduire une présentation du personnage comme cela a été fait pour Noa’h : « Noa’h était un Tsaddik – un homme juste. » Il semble qu’une facette de la personnalité du Patriarche, conformément aux enseignements du Midrash, ait été éclipsée : sa découverte de D-ieu, ses épreuves et ses choix à Our Kasdim et à ‘Haran !
Nous pouvons en déduire que la Torah veut nous indiquer, par cette voie, que l’existence d’Avraham en tant que Patriarche et premier Juif – en dépit de toutes ses qualités antérieures – prit le cap déterminant l’édification de notre peuple par ce choix de D-ieu et cet ordre : « Quitte ton pays… »
C’est ce qui fait la spécificité de notre peuple. La relation des autres nations avec D-ieu découle de la connaissance et de la compréhension qu’elles ont du phénomène spirituel. C’est cela qui les motive à se lier et à obéir au message de D-ieu. Par contre, la relation du peuple Juif avec Hachem et son existence en tant que nation ne dépendent pas de son choix personnel mais de celui de D-ieu.
C’est bien ce qui fait le caractère particulier de ce peuple. Il acquiert une empreinte Divine, et c’est ainsi qu’il a le moyen de dépasser les contraintes de la Création.
Ceci est valable aussi pour les commandements respectifs que les nations et Israël se sont engagés à observer. La différence n’est pas uniquement quantitative – 7 pour les nations et 613 pour les Juifs – elle est aussi qualitative.
L’objet des 7 commandements Noa’hides est d’assurer une stabilité mondiale dans le but de raffiner la matière et l’homme. La finalité est d’emmener la Création à son état optimum. C’est pourquoi les limites de la logique et la raison sont de mise pour l’application de ces commandements. Les Mitsvoth sont différentes : au-delà de leur fonction de raffiner l’homme et le monde, leur but est de relier et d’unir l’homme et la Création avec Hachem.
Du fait qu’il existe une infinie différence entre le Créateur et les créatures, il est donc évident que les êtres créés et leur service de D-ieu ne représentent rien de signifiant face à l’infini du Divin. Le seul moyen qui permette aux actions et aux hommes de s’unir avec D-ieu – d’avoir un relief conséquent – vient du fait que le Créateur fit Lui-même le choix – institua le principe – que les faits et gestes des créatures aient une telle portée.
C’est ce principe que la Torah tente de nous apprendre dès le début de notre histoire : Ce ne sont pas les qualités personnelles d’Avraham qui firent de lui un être si particulier ; mais plutôt le choix de D-ieu. Son lien avec le Créateur résultait du fait qu’il fut choisi pour mettre en œuvre le projet Divin et qu’il s’y engagea au-delà de toute logique.