Chabbath Hagadol – Miracle Chabbatique

 « Le Chabbath qui précède la fête de Pessa’h est appelé Chabbath Hagadol parce qu’un grand miracle se produisit ce jour : lorsque les Béné-Israël firent l’acquisition de l’agneau pour le Korban Pessa’h, c’était un Chabbath ; les premiers nés Egyptiens se rassemblèrent et leur demandèrent dans quel but ils achetaient ces animaux. Les Juifs répondirent : C’est notre sacrifice pour Pessa’h… D-ieu va tuer les premiers nés Egyptiens. Ces derniers allèrent chez leurs parents et chez Pharaon pour demander la libération des Hébreux. Après avoir essuyé un refus catégorique les premiers nés se révoltèrent et tuèrent de nombreux compatriotes… Nos sages instituèrent le souvenir de cet évènement le jour du Chabbath et ils l’ont nommé Chabbath Hagadol. »

Choul’han Arou’h Harav

Il est intéressant de remarquer que le souvenir de cet événement fut fixé selon le cycle hebdomadaire, alors que toutes les fêtes Juives suivent le calendrier et l’ordre mensuel. Il semble que c’est, précisément, pour répondre à cette question que Rabbi Chnéour-Zalman donne tant de détails sur cet épisode et les sources de cette coutume. Il veut, ainsi, souligner le fait que le miracle de ce jour s’apparente à l’esprit du Chabbath.

Nos sages nous enseignent :  Que manquait-il au monde après les six jours de Création ? Il ne manquait que le repos ! Le Chabbath est venu ; le repos est arrivé ! 

Le Temps est tout autant une entité créée que les autres éléments de la Création ; avant la création du monde, le temps n’existait pas, vu que le temps et l’espace sont étroitement liés. Ainsi, durant les six jours de la Création, chaque jour, à chaque instant se produisait quelque chose de nouveau : une nouvelle extension du temps était créée.

S’il en est ainsi, les mots de nos sages cités plus haut méritent d’être approfondis : Comment dire que le jour du Chabbath, il ne manquait que le repos, alors qu’à priori c’est le temps lui-même du septième jour qui n’existait toujours pas et qui fut alors créé ! Nous en déduisons donc que ces deux concepts – le temps du Chabbath et le repos – sont tellement liés que – pour nos sages – ils se confondent en une seule et même entité.

Les six jours de la semaine partagent une certaine similitude. Ils rentrent tous dans un cadre temporel où le passé, le présent et le futur s’enchaînent. Le Chabbath apporte une dimension nouvelle au cadre temporel : d’une part, il garde une mesure temporelle – sa durée – et d’autre part, il exprime le repos – la pause temporelle. En fait, c’est l’expression d’un temps où règne la transcendance du présent, du passé et du futur.    

C’est précisément ce qui se produisit ce fameux Chabbath Hagadol. Les premiers nés Egyptiens – les hommes les plus puissants de l’Empire qui oppressaient notre peuple – se transformèrent soudainement et miraculeusement en alliés – tout en gardant leur identité égyptienne. La similitude avec le Chabbath est donc évidente : La limite de la création vient se fondre dans la transcendance.

Likouté Si’hoth Vol XVII