Etude et Prière
« Tu ordonneras les Béné-Israël pour qu’ils t’apportent de l’huile d’olive pure…pour alimenter une lumière perpétuelle…Aaron et ses fils les disposeront pour brûler du soir au matin. »
(Exode 27 – 20, 21)
Deux questions se posent à la lecture de ce texte :
Pourquoi devait-on apporter l’huile à Moché, alors que la Mitsva d’allumer la Ménora incombait à Aaron ?
En référence à Moché, la Torah parle de « lumière perpétuelle », alors qu’au sujet des flammes entretenues par Aaron, il est dit qu’elles devaient brûler « du soir au matin » ?
En fait, la Ménora symbolise le peuple Juif. C’est, d’ailleurs, sous la forme d’une « Ménora toute en or » que le perçoit le prophète Zacharie. Chaque Juif constitue une lumière, ainsi qu’il est dit (Proverbes 20 – 27) : « L’âme de l’homme est une flamme Divine. » La fonction de Aaron était « d’allumer les lampes », d’enflammer l’âme en révélant ses facettes les plus secrètes : le désir ardent pour la Divinité.
Ce feu est allumé à l’aide de la Torah et des Mitsvoth. Or, le service de D-ieu peut s’appréhender de deux manières : Celle de l’étude de la Torah et celle de la prière. Un feu peut brûler de manière permanente – « lumière perpétuelle » - ou avoir une intensité variable – « du soir au matin. »
La Torah transcende totalement l’espace et le temps du fait qu’elle Parole et Sagesse Divine. La Mitsva d’étudier n’est pas soumise aux contraintes du temps ; elle doit être étudiée tant le jour que la nuit, c’est pourquoi elle est appelée « lumière perpétuelle. »
Par contre, pour la prière c’est différent. Cela dépend du temps. Chaque prière a un temps spécifique : le matin, Cha’harit ; l’après-midi, Min’ha ; et le soir, Maariv. Il en est ainsi pour la pratique des Mitsvoth, elles doivent généralement être observées dans un temps donné. C’est pourquoi les Mitsvoth et la prière sont comparées aux lumières qui éclairaient le Temple du « soir au matin. »
C’est ici que réside la différence entre Moché et Aaron. L’essence de Moché est la Torah, au point où celle-ci est appelée (Malachie 3 – 22) : « Torath Moché – la Torah de Moché. » Il est donc lié à la lumière perpétuelle. Aaron, lui, symbolise le service des sacrifices remplacés, aujourd’hui, par la prière. Aaron est donc associé à la lumière qui s’inscrit dans le temporel – « du soir au matin. »
Il est nécessaire d’apporter d’abord l’huile à Moché pour qu’il la transmette à Aaron, car, avant toute chose, nous devons nous inspirer de la Torah. Sa dimension transcendante peut alors descendre pour investir les limites du temps et de l’espace au travers de l’application des Mitsvoth. Ainsi, le feu qui habite chacun de nous pourra brûler d’une perpétuelle lumière.
Sefer HaSi’hoth 5749