Un Berger Fidèle
La place que Moché tient dans la Torah est unique. En effet, aucun personnage de la Bible n’est aussi souvent cité (770 fois pour Moché). Ainsi, depuis sa naissance, dans la Paracha de Chemoth, il n’y a pas de Paracha qui ne cite son nom de façon explicite. Toutes les Parachioth rappellent donc son nom, excepté la Paracha de cette semaine, Tétsavé.
Pourtant, Moché est tellement lié à la Torah que le prophète la nomme Torath Moché, la Torah de Moché. Moché mérite cette distinction, car, selon le Midrash, son sacrifice pour la Torah n’avait pas de limite.
Il est donc étonnant de constater que son nom ne figure pas dans notre Paracha. Cette Paracha traite des indications données par Hachem pour l’édification du Michkan. Ainsi, D-ieu parle à Moché tout au long de ces chapitres sans mentionner une seule fois son nom. « Et tu ordonneras aux enfants d’Israël... » Qu’elle est donc la raison de cette omission ?
D’après nos sages, Moché serait lui-même à l’origine de cette absence.
Après qu’une minorité du peuple Juif ait fauté pendant l’épisode du veau d’or, Moché supplia Hachem de les pardonner. Ne faisant l’économie d’aucun argument il dit à l’É-ternel : « Si Tu refuses de leur pardonner, efface-moi alors, de Ton Livre. » Les paroles des justes laissent toujours un impact. C’est pourquoi le nom de Moché n’apparaît pas dans cette Paracha même s’il a réussi à faire pardonner le péché d’Israël.
Moché était conscient que si Hachem n’avait pas pardonné les pécheurs, son nom aurait disparu de toute la Torah et pas uniquement d’une Paracha. Comment est-il possible que Moché ait mis en jeu l’apparition de son nom dans la Torah à laquelle il était tant attaché et ceci pour aider un groupe d’individus qui ont commis l’acte le plus odieux, le péché du veau d’or ?
Nous en déduisons donc qu’il est impossible de séparer Moché de son peuple. Rachi précise par ailleurs que : « Moché est le peuple Juif, et le peuple Juif est Moché. »
Le lien de Moché avec les Juifs était plus important que la relation qu’il avait avec la Torah. Son sacrifice à l’égard de tout le peuple Juif, même pour les plus grands pécheurs d’entre eux, passait avant sa relation avec la Torah.
En fait, Moché dit à D-ieu : « S’il n’y a pas dans ta Torah de place pour le pardon des pécheurs, je te demande, alors, de m’effacer de ce Livre, car je ne conçois pas une Torah qui ne saurait pardonner même le plus infâme des pécheurs de mon peuple. »
Nous devons imiter Moché, le berger fidèle. Comme lui, nous devons aimer tous nos frères Juifs quelle que soit leur situation spirituelle et morale. C’est avec le même sacrifice que nous devons constamment et sans aucune réserve nous efforcer à les approcher à la Torah, notre héritage.
Likouté Si’hoth vol XXI