‘Hamets et Matsa
« Sept jours durant, vous mangerez des Matsoth. »
(Exode 12 – 15)
Dans la Paracha de cette semaine, Hachem transmet à Moché les indications pour la célébration de Pessa’h. Or, les commandements qui ont trait à la sortie d’Egypte sont porteurs, selon nos sages, d’un perpétuel enseignement.
Commençons par analyser la différence entre le ‘Hamets – le pain levé – et la Matsa. Ils sont, tous les deux, fabriqués à partir de farine et d’eau. Quel est, donc, l’élément qui rend impropre, à la consommation, le ‘Hamets pendant les jours de Pessa’h ?
Le ‘Hamets est en fait une pâte que l’on a laissé lever et qui a pris du volume, alors que la Matsa est restée fine et plate.
Le ‘Hamets symbolise, en fait, l’orgueil et la vanité. Cette pâte traduit l’arrogance et l’égocentrisme. Elle représente la personne qui se sent supérieure à ceux qui l’entourent. Tandis que la Matsa symbolise l’humilité et la modestie ; c’est aussi l’abnégation. Cette fine pâte représente la personne qui s’annule devant les autres ; c’est exactement l’opposé du ‘Hamets.
Pourtant, les lettres hébraïques qui forment ces deux mots sont pratiquement identiques : ‘Heth, Mêm et Tsadik forment le mot ‘Hamets, alors que le Mêm, Tsadik et Hé constituent le mot Matsa. Ils ne se distinguent que par une seule lettre qui est, de plus, très ressemblante.
En effet, le ‘Heth et le Hé sont quasiment analogues : Elles sont formées par trois traits et elles ont une ouverture vers le bas.
Cette ouverture fait allusion au verset : « Le péché est tapi à ta porte. » C’est la faille qui laisse entrer le péché dans notre existence et qui nous pousse à la transgression.
C’est ici que la différence entre le Hé et le ‘Heth prend toute sa signification. Le ‘Heth de ‘Hamets est complètement fermé vers le haut. Ainsi, il n’y a aucun recours face à la faute, aucune issue. La personne se trouve alors prisonnière de la transgression.
Le Hé de Matsa, quant à lui, a une petite ouverture en haut. C’est par là que la personne pourra échapper au mal et retourner vers Hachem. Il est vrai que cela n’est qu’une petite ouverture, mais il ne suffit précisément que d’un petit effort vers le haut pour que Hachem accepte notre Téchouva.
Le ‘Hamets symbolise une personne qui est prisonnière de son orgueil et de son égocentrisme. Lorsqu’elle vient à fauter, il lui est alors très difficile d’admettre son erreur. Elle trouve toujours des excuses pour justifier ses actes. Cette personne est enfermée dans le ‘Heth et ne trouvera donc aucune issue.
La Matsa, d’autre part, fait allusion à un individu modeste et humble. Lorsqu’il fait un péché, il ne tente pas de se justifier ; au contraire, il regrette immédiatement son acte. Son cœur se brise et il retourne alors vers Hachem. Il corrige ses erreurs et il revient vers Lui de tout son cœur.
Likouté Si’hoth Vol I