Prêts Pour La Guéoulah
« Vayichla’h Yaakov Mala’him – Yaakov envoya des messagers, en avant, vers Essav son frère, au pays de Séïr, dans la campagne de Edom. »
(Genèse 32 – 4)
C’est par ces mots que s’ouvre la Paracha de cette semaine. Or, le terme de « Mala’him » employé ici pour dire « messagers » est généralement utilisé lorsque l’on parle des “anges”. Rachi nous indique, d’ailleurs, que ce sont effectivement des anges qui furent envoyés par Yaakov.
Pour mieux saisir la raison qui poussa Yaakov à envoyer des anges et non des messagers humains, nous devons analyser le sens de cette mission.
L’interprétation ‘Hassidique de l’histoire de Yaakov nous permettra de répondre à ce problème. Yaakov sentait que la mission d’un Juif sur terre était de séparer le bien du mal et de « rassembler les étincelles divines » éparpillées dans la matière. C’est pourquoi Yaakov entreprit son voyage à ‘Haran, ainsi il pouvait élever, jusqu’à leur source, les étincelles divines qui s’y trouvaient.
Mais Yaakov était aussi conscient que pour atteindre le but de la création, ses seuls efforts seraient insuffisants ; la participation de son frère Essav était indispensable. Essav – « l’homme des champs » - représente les plus hautes lumières spirituelles qui tombèrent dans les dimensions les plus basses. Ainsi, la Guéoulah ne pourra prendre place qu’après que la création dans son intégralité – Juifs et gentils – aura atteint le niveau de la perfection.
Après les vingt années de travail chez Lavan à ‘Haran, Yaakov était prêt – pour sa part – à la Guéoulah. Il espérait que, pendant cette période, Essav s’était suffisamment raffiné et qu’il était prêt lui aussi pour la révélation. C’est la raison pour laquelle, Yaakov fait référence dans son message – selon le Midrash – à un âne, symbole de la venue de Machia’h.
Seuls les meilleurs des émissaires pouvaient remplir une telle mission, la plus importante de toutes – l’aboutissement de la création. C’était, pour eux, un privilège que d’être associés aux hommes pour faire venir la Guéoulah.
Malheureusement, Essav n’était pas prêt ; il n’avait pas encore rempli sa mission. « Nous sommes venus chez ton frère, » rapportèrent les anges à Yaakov, «chez Essav». Ils constatèrent qu’après vingt ans, Essav était resté le même homme primitif. En écoutant cela, Yaakov réalisa que la route vers la Guéoulah était encore longue et difficile. Il dit alors à son frère : « Je ferai mon chemin lentement. »
Tout ceci s’est passé il y a bien longtemps ; mais, aujourd’hui, après des milliers d’années de service de D-ieu, le monde entier est prêt pour la Guéoulah. Il ne manque plus que la révélation physique du Machia’h. Œuvrons pour que cela se réalise immédiatement.
Chabbath Vayichla’h 5752