Quitter sa Tour d’Ivoire
La Paracha de cette semaine, Vayétsé, nous raconte l’histoire de Yaakov qui quitta Israël pour se rendre à ‘Haran et son séjour chez son oncle Lavan.
La première étape de ce voyage est que Yaakov « atteignit le Makom – un certain lieu », il s’arrêta et il pria. Par la suite, il s’installa à ‘Haran où il travailla pour son oncle vingt années durant. Pendant cette période, il se maria et il donna naissance aux pères des douze tribus d’Israël. La fin de la Paracha nous apprend qu’à son retour en terre d’Israël – la terre de son père – Yaakov est accueilli par « Mala’hé Elokim – des messagers de D-ieu ».
La Torah n’est pas un livre d’histoire. Le mot Torah découle du terme Horaah – enseignement – et cela implique que tous les événements qui y sont relatés doivent nous servir de guide dans notre vie quotidienne. Il en est de même pour les étapes de la vie de Yaakov, notre Patriarche, ils sont tous une source d’inspiration et d’enseignement pour la conduite des juifs de toutes les générations.
Yaakov quitte la sainteté de la terre d’Israël et l’étude de la Torah – suivant ainsi la volonté de ses parents et de D-ieu – pour aller à ‘Haran. Ainsi, chaque Juif doit sortir dans le monde et s’impliquer « avecLavan l’Araméen ”.
Le Juif ne doit pas s’isoler dans ses « quatre coudées de Torah », il doit être capable de quitter « la terre d’Israël » – ses préoccupations spirituelles – pour voyager vers les contrées les plus basses de la terre, dans le but d’approcher son prochain Juif à D-ieu et à Ses Mitsvoth. Yaakov restera Tsadik – un juste – malgré son séjour à ‘Haran, ce lieu d’épreuves et de difficultés. La garantie d’un tel succès est que le premier acte de Yaakov à son départ fut « Vayifga Bamakom – Il atteignit le lieu », il s’arrêta pour s’adresser à D-ieu – Hamakom. La récompense fut immédiate : D-ieu se révéla à lui dans le rêve.
Nous remarquons, cependant, que lorsque – des années plus tard – Yaakov quitta ‘Haran pour se rendre en Israël, ce sont les anges qui vinrent à sa rencontre. Après 20 ans de service de D-ieu à ‘Haran, Yaakov ne devait plus rechercher la Divinité, car c’est elle qui venait vers lui. Cette fois la révélation fut supérieure à la précédente : D-ieu se révéla tandis qu’il était éveillé, alors que la première fois ce n’était qu’un rêve.
Il en est ainsi pour chaque juif qui fait le choix de quitter l’espace privilégié de la Torah pour se rendre « à ‘Haran » afin d’y propager le Judaïsme. Son départ ne représente pas une descente, il constitue en réalité une ascension.
C’est bien dans cette contrée lointaine que Yaakov réussit tant dans les domaines du matériel que du spirituel, ainsi qu’il est écrit : « cet homme s’enrichit prodigieusement » Tant qu’un juif reste sur « la terre d’Israël » - investi dans sa propre élévation spirituelle et à l’écart des autres Juifs, il ne peut jamais atteindre les élévations auxquelles il accédera grâce à son passage à ‘Haran. En quittant sa tour d’ivoire pour se tourner vers l’autre et le rapprocher à la Torah, il connaîtra le réel succès matériel et spirituel.
Likouté Si’hoth Vol III