« Avraham donna tout ce qu’il possédait à Yits’hak. Quant aux fils des concubines qu’avait eues Avraham, il leur fit des présents ; et tandis qu’il vivait encore, il les relégua loin de son fils Yits’hak, vers l’orient, dans le pays de Kédem. »

(Genèse 25 – 5,6)

A la fin de notre Paracha, Avraham sent venir sa fin, il organise alors sa succession. Il désigne Yits’hak, son fils unique de Sarah, comme seul légataire légitime ; tandis qu’aux enfants des concubines, il attribue des cadeaux.

La Haftara de cette semaine traite d’un thème similaire : Adoniyahou, le fils aîné de David, sentant la fin de son père venir, tente d’usurper le trône. Bath-Chéva vient alors rappeler au Roi David l’engagement qu’il avait pris. C’est Chlomo, son jeune fils, qui régnerait. David s’engagea de nouveau à honorer sa promesse, ce à quoi Bath-Chéva répondit avec enthousiasme (Rois I 1 – 31) : « Yé’hi Adoni Haméle’h David Léolam – Puisse mon maître David vivre pour l’éternité. »

Quel est donc le sens profond de la démarche d’Avraham et de David ?

En désignant Yits’hak pour héritier, Avraham lui légua, en fait, le lien privilégié qu’il avait avec Hachem, le caractère « d’élection » qu’il léguera à son tour à ses descendants. Ainsi, Avraham donna à chacun de nous, à chaque Juif, le pouvoir de recréer le lien éternel dont il jouissait lui-même. Ce privilège est immuable pour celui qui se donne la peine de révéler ce caractère inné.

La déclaration de Bath-Chéva constitue, dans le même esprit, l’expression de la promesse Divine selon laquelle « la royauté ne quittera plus la descendance de David. » En effet, comme le soulignent nos sages, la monarchie du peuple Juif n’appartient qu’à David et à sa progéniture issue de Chlomo et de laquelle sortira le Roi Machia’h.

Ces deux événements viennent rappeler que les actes de D-ieu – qui par définition est immuable et éternel – et Ses promesses ne sont pas sujets au changement. La proclamation de Bath-Chéva : « Yé’hi Adoni Haméle’h David Léolam – Puisse mon maître David vivre pour l’éternité. » trouvera son expression et sa réalisation par l’établissement du règne de Machia’h et par l’ultime Guéoulah.

En effet, nous constatons que l’intégrité du peuple Juif et de la terre d’Israël sont étroitement liés avec le concept de la royauté, car ce n’est qu’après que fut installé le royaume des descendants de David qu’enfin fut établie la paix et qu’a pu être construit le Beth-Hamikdach. La Présence de D-ieu et Sa manifestation à Yérouchalayim dépendaient aussi de cet événement. Il en est de même pour la Guéoulah qui ne prendra place qu’après l’établissement du dernier roi de la lignée de David, le Machia’h. Il sera à l’origine du rassemblement de la totalité du peuple Juif sur sa terre, de la construction du troisième Beth-Hamikdach et la paix régnera pour l’éternité.

Si’hoth Kodesh