La Responsabilité de Notre Génération
La Paracha de cette semaine relate l’épisode tragique du déluge. La Torah témoigne, ainsi, de l’ampleur du désastre (Genèse 7 – 23) : « D-ieu effaça toutes les créatures qui étaient sur la surface de la terre... et il ne resta que – A’h, seulement – Noa’h… »
Nos sages s’interrogent sur le sens du mot « A’h – seulement » qui paraît superflu puisque le lecteur est déjà conscient du destin qui toucha toute la civilisation. Rachi – le plus célèbre des commentateurs de la Torah – explique que ce terme vient indiquer que Noa’h est lui-même sorti réduit de l’expérience vécue dans l’arche.
Il y a, en plus du sens littéral selon Rachi, deux autres explications que nous propose le Midrash. La première dit que : « Noa’h gémissait à cause de la fatigue que lui avaient imposée les soins apportés aux animaux. » L’autre interprétation rappelle que : « Une fois, Noa’h tarda à nourrir le lion qui n’apprécia pas le retard et qui le blessa. »
Rachi conclut son commentaire par une citation des Proverbes (11 – 31) : « Voici, le juste en ce monde sera payé. » Le Roi Salomon nous apprend ici que si par mégarde il arrivait qu’un Tsaddik – un juste – vienne à fauter, ne serait-ce qu’une infime erreur ; il serait puni ici-bas. Cela afin de lui éviter de rendre des comptes sur cet acte dans l’autre monde. Ainsi, vu sous cet angle, la blessure de Noa’h fut à son avantage.
Cependant, ce récit renferme – comme l’ensemble des anecdotes de la Torah – une importante leçon. Il est clair que la Torah ne rappelle jamais la faute d’un individu si cela ne sert d’indication pour la voie à suivre dans le service de D-ieu.
Nous sommes investis – comme Noa’h – d’une mission de la plus haute importance. Notre génération est une génération de rescapés ; nous sommes les miraculés d’un déluge et nous avons pour mission de nourrir le reste de la Création. Nous devons fournir l’alimentation spirituelle à tous nos frères à travers le monde.
Ce n’est, certes, pas une chose facile. En effet, nous sommes souvent confrontés à des difficultés ou à des obstacles qui pourraient prendre l’image d’un dangereux « lion ». Ne soyons pas effrayés ; ne nous décourageons pas. Comme Noa’h, nous devons persévérer malgré les difficultés apparentes que revêt la tâche.
En réalité, nous devrions nous réjouir du fait d’avoir été choisis afin d’accomplir cette mission.
De plus, le malheureux épisode de cette altercation entre Noa’h et le lion devrait nous inspirer pour que nous gardions le dynamisme qui nous habite le premier jour afin de ne jamais en arriver à différer l’action envers autrui. Nous devons nous surpasser, chaque jour, pour apporter l’aide spirituelle et matérielle à nos frères.
Likouté Si’hoth Vol V