Béréchith – Noa’h : La Destinée de la Création
Les deux premières Parachioth de la Torah – Béréchith et Noa’h – sont étroitement liées puisqu’elles traitent, toutes deux, du thème de la Création et de la destinée de ce monde. La Paracha de Béréchith – que nous avons lue la semaine dernière, relate l’histoire de la Création, tandis que la Paracha de cette semaine – Noa’h – rappelle que Hachem s’encouragea à maintenir la vie sur terre et à ne plus envoyer de déluge.
Ces deux passages symbolisent deux niveaux de perfection de la Création. Béréchith représente un monde parfait de part le fait qu’il est l’œuvre de D-ieu. Cette perfection est acquise sans aucune participation de l’Homme. La Paracha de Noa’h représente, pour sa part la perfection résultant de l’effort de l’Homme et de son engagement. Cette Paracha illustre le concept de Téchouva.
Dans le cadre du premier niveau, il n’y a pas de place pour le pécheur. Aussi, celui qui s’aventurerait à fauter perdrait systématiquement son droit à l’existence, ainsi qu’il est écrit à la fin de la Paracha de Béréchith : « L’E-ternel vit que les méfaits de l’homme se multipliaient…Et l’E-ternel dit : ‘J’effacerai l’homme que J’ai créé…’ »
Cette semaine, cependant, nous découvrons que l’Homme est doté du pouvoir de se raffiner et qu’il a les moyens d’atteindre un degré de perfection supérieur à celui qu’il avait avant de pécher. Cette faculté est illustrée par l’arc-en-ciel qui symbolise l’alliance contractée entre D-ieu et les hommes. Cette image rappelle que D-ieu se réjouit de voir Ses enfants atteindre des niveaux élevés par leurs propres moyens.
Or, il est intéressant de remarquer que ce concept se reflète dans les Noms de D-ieu utilisés dans les Parachioth respectives : la Paracha de Béréchith fait référence au Nom de Elokim – cité 32 fois dans le texte de la Création – tandis que la Paracha de Noa’h utilise le Nom de Hachem, l’ineffable.
Le Nom de Elokim est symbole de limite ; il a d’ailleurs la même valeur numérique que le mot « Téva » qui signifie « Nature ». Par contre, le Tétragramme – Hachem – traduit le niveau qui dépasse toutes les limites de l’existence. Nous pouvons donc en déduire que le monde ne peut atteindre la réelle perfection – celle qui dépasse les limites – que grâce à la contribution de l’homme. Sans les actes de l’homme, le monde n’est qu’un reflet limité de D-ieu. La Création devient le réceptacle, une Résidence pour D-ieu au moyen des Mitsvoth, en général, et de la Téchouva, en particulier.
Nous retrouvons un écho à cette idée dans les mois où sont lues ces Parachioth : Béréchith est lue au mois de Tichri, une période riche en festivités. Tandis que Noa’h est lue au début du mois de ‘Hechvan, des jours ordinaires. En effet, la Paracha de Noa’h représente la mission de l’homme sur terre : s’investir dans les dimensions les plus matérielles afin de les élever et de révéler le potentiel illimité qu’elles renferment.