Naviguer en Eaux Troubles
« En ce jour, les sources de l’Abîme et les fenêtres du ciel s’ouvrirent. »
(Genèse 7 – 11)
La Torah n’est pas un livre d’histoire. Elle est, avant tout, une source d’enseignements. Il en est ainsi pour le récit du déluge qui devrait inspirer notre service de D-ieu quotidien.
Les eaux agitées du déluge représentent les difficultés et les soucis rencontrés par chaque juif lorsqu’il étudie la Torah et pratique les Mitsvoth.
Or, le déluge venait de deux directions : « l’immense Abîme » et « les fenêtres du ciel ». Ainsi les préoccupations qui nous importunent peuvent venir de deux origines distinctes. Certains soucis viennent du « bas » ; ils concernent nos problèmes matériels. D’autres découlent d’une source plus « élevée » et ils ont trait à nos responsabilités spirituelles. Si un Juif, engagé dans des devoirs communautaires, ne trouve plus de temps pour étudier la Torah, il est alors confronté à des soucis d’ordre spirituel – « Aouvoth Hachamayim ».
Nous rencontrons tous les jours des difficultés qui entravent le sentier de la Torah et les exemples ne manquent pas. Que doit-on faire pour éviter d’être englouti par un déluge de préoccupations ?
D-ieu ordonna à Noa’h de rejoindre la Tévah – l’arche. Le Baal Chem Tov fait remarquer que le mot « Tevah » signifie aussi « la lettre ».
Le Juif doit se réfugier dans la Tévah – dans les lettres de la Torah et de la Téfila. L’étude et la prière sont la garantie pour que le Juif échappe au déluge de l’existence. Noa’h et sa famille ne furent sauvés que parce qu’ils séjournèrent dans la Tévah tout au long du déluge.
C’est pourquoi avant même qu’il ne rencontre les épreuves et la houle de la vie professionnelle, le juif récite, à son réveil, le Modé Ani et les bénédictions matinales. Il exprime ainsi sa reconnaissance à D-ieu pour les bienfaits qu’Il lui offre, chaque jour. Lorsque, plus tard, il rejoindra son travail, il restera conscient que ces activités matérielles ne sont qu’accessoires et l’essentiel – pour lui – demeurera son attachement à la Torah et aux Mitsvoth.
Ceci ne doit pas impliquer que le Juif s’enferme « dans l’arche » et reste à l’écart du monde matériel ou qu’il en vienne à ignorer les besoins de son prochain. D-ieu dit à Noa’h : « Entre dans l’arche, toi et tes fils, ta femme et les femmes de tes fils avec toi. » Noa’h avait le devoir de se soucier de l’existence des autres créatures.
Nous devons, nous aussi, inviter tous nos proches dans la Tévah. En leur permettant l’accès aux lettres de la Torah et de la Téfila, nous les aiderons à prendre conscience de ce qui est primordial.
Likouté Si’hoth Vol I