Un Choix Déterminant et Libre
« Vois ! J’ai placé devant toi [le libre arbitre] entre la vie et le bien, la mort et le mal… J’ai placé devant vous la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie ! »
(Deutéronome 30 – 15,19)
Ce verset évoque un des principes fondamentaux du Judaïsme : le libre arbitre. Comment fonctionne donc l’homme ? Qu’est-ce qui pousse celui-ci à choisir le bien plutôt que le mal ?
En fait, le choix du Juif du bien sur le mal, du sacré sur le profane, est enraciné dans le fait que l’essence du Juif ne fait qu’un avec D-ieu. En effet, ce pouvoir qu’a l’homme de choisir librement et d’agir arbitrairement selon son choix, tel D-ieu Lui-même qui Seul peut faire ce que bon Lui semble – « l’homme est devenu comme l’un de Nous » - découle du fait que son âme a pour source, D-ieu. Cependant, même si l’âme, dans son essence, n’a d’autre désir que la Divinité, du fait de sa descente ici-bas pour s’habiller d’un corps et des contraintes du matériel, elle peut, alors, choisir le contraire du bien et de la Sainteté.
On peut même affirmer que ce concept du libre arbitre accompagne l’âme même avant sa descente dans le corps : déjà dans son état le plus primitif, au moment où aucun avantage particulier ne contraint l’âme à choisir D-ieu ; elle le fait librement car son essence ne fait qu’un avec D-ieu.
Lorsque le choix est dicté par la raison, il a, par nature, ses limites : du fait que la raison humaine est fondamentalement limitée, le libre choix qui en découle s’en trouve obligatoirement limité. Tandis que le choix du Divin fait par l’essence de l’âme est un choix qui transcende la raison : ce choix est donc sans limite.
Nous pouvons ajouter que lorsque le choix humain est guidé par la logique, ce choix ne pourrait véritablement être qualifié de libre, tant le facteur de la raison est puissant. Néanmoins, c’est par l’intermédiaire de l’intellect que l’homme vivra consciemment ses choix. Au moment où le Juif aura véritablement le bien et mal face à lui, l’intellect l’aidera à déterminer la voie à prendre, à dévoiler, en fait, ce vers quoi son âme pencherait fondamentalement.
La Paracha de Nitsavim précède toujours la fête de Roch Hachanna dans laquelle nous implorons D-ieu pour qu’Il fasse le choix de Son peuple. Ainsi que nous l’exprimons par ce verset des Psaumes récité avant les sonneries du Choffar : « Il choisit pour nous notre héritage, la gloire de Yaakov qu’Il aime éternellement. »
Là encore, nous pouvons voir deux aspects dans la décision Divine. Il n’y a aucune base rationnelle au choix du peuple Juif par D-ieu ; au point où le Midrash Lui prête cette phrase : « Je ne pourrai jamais le remplacer par un autre peuple, » et le Zohar de préciser que : « Israël et son Roi ne font qu’un. »
Cependant, ce choix Divin se traduit et se révèle dans ce monde alors qu’Israël se trouve parmi d’autres nations. Là, Il nous choisit de nouveau et c’est dans cette dimension que Son amour se dévoile aux yeux de tous.
Roch Hachanna est le jour où toute la création revient à sa dimension primordiale, et c’est pour cela que D-ieu doit renouveler Son choix. Lorsque notre choix du Divin n’est pas dicté seulement par la logique et par la raison – lorsque l’homme laisse parler l’essence de l’âme qui l’habite –, D-ieu révèle, en conséquence, le choix de « Son peuple » et manifeste Sa décision en nous comblant de bonté pour une merveilleuse année.
Likouté Si’hoth Vol XIX