Un Chemin Long et Court
« Car cette Torah que je te prescris en ce jour, n’est ni mystérieuse, ni éloignée de toi… Car cette chose est très proche de toi, dans ta bouche, dans ton cœur, pour que tu l’observes ! »
(Deutéronome 30 – 11)
Ce verset de la fin de la Paracha de cette semaine – Nitsavim – exprime les dernières recommandations que Moché laisse au Béné-Israël.
Cette affirmation paraît étonnante. Comment, en effet, peut-on affirmer que l’observance des Mitsvoth – des commandements – est facile ? La nature de l’homme et ses pulsions tendent vers tout ce qui est physique et matériel. Comment ces désirs naturels peuvent-ils, alors, être contenus et transformés en amour pour D-ieu ?
Rabbi Chnéour-Zalman de Liadi fait de cette énigme une des clés de la Pensée ‘Hassidique de ‘Habad. Le secret de cette « proximité » avec le Divin vient du fait que chaque Juif possède déjà un amour caché pour D-ieu. Aussi, l’homme n’a pas à créer quelque chose de nouveau, il doit seulement éveiller l’amour inhérent qui est en lui. C’est en ce sens que cela paraît « proche ».
Néanmoins, Rabbi Chnéour-Zalman parle à priori seulement de la facilité d’éveiller le sentiment d’amour pour D-ieu ; qu’en est-il de la pratique des 613 Mitsvoth ? Comment peut-on définir cela comme « facile » ?
Nous pouvons tenter une réponse en analysant une phrase tirée de la page de garde du Tanya. Rabbi Chnéour-Zalman – après avoir exposé ce problème – écrit : « expliquer, avec l’aide de D-ieu, comment cela est en effet extrêmement proche, d’une façon Arou’ha Ouktsara – longue et courte. »
D’une part, un effort considérable est nécessaire pour que l’homme prenne conscience de la grandeur de D-ieu et pour qu’il révèle cet amour inné en Lui jusqu’à affecter sa conduite quotidienne. Cependant, même si cela peut sembler un parcours « long » et sinueux, cela reste pourtant le plus « court » chemin et la méthode la plus fiable. Ainsi, lorsque nous méditerons sur la grandeur de D-ieu, l’amour et le respect qui naîtront de cette réflexion laisseront un impact durable qui imprègnera l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvoth de vitalité et d’enthousiasme.
Une deuxième voie – plus courte – peut être empruntée par l’homme. Dans cette démarche, la personne ne fait appel qu’à son amour inné, sans recourir à la démonstration intellectuelle et à la réflexion. Néanmoins, cette approche s’avérera longue et laborieuse si elle se limite à un sentiment abstrait, détaché d’une conduite quotidienne.
C’est en étudiant la Torah et en procédant à une démarche de réflexion et de contemplation sur la grandeur de D-ieu que l’homme acquiert une perception plus profonde et plus durable lui permettant d’observer les Mitsvoth plus facilement.
Likouté Si’hoth Vol XXXIV