Pin’has et Jérémie : Purifier et Elever
Nous lisons chaque Chabbath, après la Paracha de la semaine, un texte tiré des prophètes ayant un rapport avec la Paracha : la Haftara. Durant les trois semaines de Beïn-Hamétsarim – du 17 Tammouz au 9 Av – nous lisons les prophéties annonçant la destruction du Temple.
Quel est donc le lien entre le récit de Pin’has – qui vint au secours de l’honneur de D-ieu – et la Haftara qui rapporte la prophétie de Jérémie annonçant la destruction du Temple ?
Nos sages disent dans le Talmud : « Les prophéties de Jérémie ne sont que destruction … celles de Isaïe sont toutes des consolations. » Le caractère différent des prophéties de Jérémie et d’Isaïe provient du contexte et de l’époque dans lesquels elles furent prononcées : Jérémie vivait à une époque où la Divinité était voilée et cachée ; Isaïe vivait au moment où la Divinité était manifeste.
En conséquence, Jérémie ne pouvait entrevoir que les ténèbres et la destruction ; tandis que les prophéties d’Isaïe expriment l’espoir, la consolation et la Guéoulah.
Il est vrai que nous pouvons trouver dans les textes d’Isaïe de sévères remontrances adressées au peuple, nous les considérons, cependant, comme des « consolations », car elles menèrent Israël à une Téchouva sincère dans une perspective de Guéoulah. Isaïe inspira sa génération en lui adressant un message d’espoir et de délivrance. Il lui assura qu’elle y parviendrait par le repentir. Néanmoins, Jérémie éveilla le peuple Juif à faire Téchouva dans un esprit d’amertume et en lui annonçant la destruction.
Le Midrash nous indique que Pin’has et Jérémie avaient un point commun : ils descendaient de «familles étrangères ». Ils furent, d’ailleurs, traités de façon désobligeante par le peuple d’Israël à cause de leurs origines. Ils avaient aussi la même approche dans le service de D-ieu : ils consacrèrent, tous deux, leur existence à élever les éléments les plus bas de la Création jusqu’aux plus hauts degrés de Sainteté. Ils y sont parvenus en commençant par leur propre personne et en influençant, par la suite, tout leur entourage. En dépit du mépris que certains leur portaient, ils réussirent leur mission d’amener le peuple Juif à la Téchouva.
Ainsi, Pin’has personnifie cet aspect particulier du service de D-ieu qui consiste à purifier et à raffiner le corps et les pulsions animales de l’homme, ainsi que le monde qui l’entoure.
C’est, en fait, la démarche à suivre et la mission que nous avons à remplir pendant la période de l’exil. Nous ne devons pas être déconcertés par les ténèbres de l’exil. Notre rôle est de transformer les ténèbres en lumière et en sainteté – comme le fit Jérémie en son temps – afin de mettre fin à l’exil.
Likouté Si’hoth Vol XVIII
Les droits du contenu de cette page sont réservés par l'auteur, l'éditeur et/ou Chabad.org. Si vous appréciez cet article, nous vous encourageons à le distribuer à vos connaissances, à condition de respecter le copyright.
|
|||