La Torah – Trois Types De Propriété

Parmi les Mitsvoth énumérées dans notre Paracha, nous trouvons les lois d’héritage. C’est, d’ailleurs, par cette Mitsva que Maïmonide conclut son énumération des Mitsvoth dans Sefer Hamitsvoth.

La méthode de Maïmonide dans le recensement des 613 Mitsvoth est extrêmement précise. Par conséquent, le fait qu’il ait placé cette Mitsva particulière en dernière position implique, nécessairement, que celle-ci constitue l’achèvement des Mitsvoth qui la précèdent.

Les lois d’héritage sont, en fait, une extension de la Mitsva du partage de la terre d’Israël aux tribus. La terre nous a été donnée par D-ieu selon trois principes : l’héritage, le partage rationnel de la terre et le sort.

La Terre Sainte est notre héritage direct de D-ieu. Elle constitue l’expression du lien particulier et profond qui existe entre le peuple Juif et son Créateur.

Il existe trois aspects dans cette appartenance de la terre d’Israël. Nous les exprimons dans cette phrase de la Téfila : « Que notre part est bonne ! Que notre sort est agréable ! Que notre héritage est beau ! » Une fois encore l’héritage est cité comme troisième expression du rapport à D-ieu, car c’est le plus haut niveau du lien avec Lui.

Il existe trois moyens par lesquels une personne peut faire acquisition d’un objet : en l’héritant, en l’achetant, ou en le recevant en cadeau.

Le transfert de propriété produit par la vente dépend de la volonté de l’acheteur. Il paie pour un objet et c’est ainsi qu’il devient à lui.

Un cadeau dépend, par contre, de la volonté du donneur. Il décide d’offrir ou non le cadeau.

Dans ces deux cas, l’objet passe d’un individu à un autre.

L’héritage est, cependant, un processus « automatique ». L’héritier assume systématiquement le rôle de celui dont il hérite. C’est le plus haut niveau de lien, car il est indépendant de la volonté des deux protagonistes.

La vente est comparable au partage rationnel de la terre. Au sens spirituel, cela représente le lien avec D-ieu produit par nos propres efforts – « que notre part est bonne ! »

La transmission d’un cadeau est comparable au partage de la terre par le sort. En termes de service de D-ieu, cela fait référence au lien  avec D-ieu existant – même sans le mérite de nos actes – par le simple fait qu’Il nous a choisit parmi toutes les nations – « que notre sort est agréable ! » 

Néanmoins, le rapport plus profond est exprimé par « que notre héritage est beau ! » C’est un lien systématique qui ne dépend pas de notre volonté.

C’est pour cette raison que Maïmonide énumère cette Mitsva en dernier, car elle exprime la dimension la plus élevée du lien qui nous relie à Hachem.

Likouté Si’hoth Vol XXVIII

 
 
Par le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson ; compilé et adapté par Eliahou Dahan
Le Rav Eliahou Dahan est l'émissaire du Rabbi de Loubavitch à Lille et le rabbin régional de Lille et du Nord-Pas de Calais.

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