Le Sort d’Une Mitsva
Dans la Paracha de cette semaine, Pin’has, la Torah décrit la manière par laquelle la terre d’Israël fut partagée aux douze tribus. La Torah indique (Nombres 26 – 56) : « C’est d’après le sort que sera distribué le territoire. »
Une loterie déterminait la partie de la terre d’Israël où chaque tribu devait habiter. Ce partage ne procédait pas d’un processus rationnel, mais c’est bien une méthode sans raisonnement logique qui semblait prendre place.
Selon la Pensée ‘Hassidique, la dimension physique de l’existence est le reflet d’une dimension plus élevée, sa source spirituelle. Par conséquent, nous devons trouver ici la traduction spirituelle, dans le service de D-ieu, de cet épisode du partage de la terre par le sort. Il existe certains aspects du service de D-ieu qui sont déterminés pour un Juif en particulier d’une manière supra-rationnelle, comme le morceau de territoire acquit par une tribu au moyen du sort.
Cette idée mérite d’être quelque peu approfondie. Chaque Juif est obligé de pratiquer toutes les Mitsvoth. Cependant, certains commandements paraissent avoir plus de rapport à certains individus qu’à d’autres.
Nous savons, par ailleurs, que beaucoup de sages, parmi les plus éminents du Talmud, étaient plus scrupuleux dans la pratique d’une Mitsva particulière. Il est certain que ces Tsadikim pratiquaient toutes les Mitsvoth, mais à l’échelle personnelle, une Mitsva pouvait avoir plus d’importance que toutes les autres.
Le fait qu’une Mitsva particulière ait plus de valeur pour une certaine personne ne peut être expliqué rationnellement ; la personne elle-même ne perçoit pas nécessairement si c’est celle-ci ou bien une autre. En fait, c’est un domaine qui – comme la loterie qui définit le partage de la terre – transcende la compréhension. Le lien entre la Mitsva et l’individu est déterminé par l’Au-delà.
Le rôle du Juif est d’être attentif à cette question, il doit observer cette Mitsva de la meilleure façon.
La manière la plus simple de définir la Mitsva la plus importante d’un individu est d’examiner le degré de difficulté qu’il rencontre pour l’observer. En règle générale, la Mitsva que nous trouvons la plus difficile à appliquer est celle qui est la plus impérative pour notre existence. En fait, la difficulté que nous éprouvons est la preuve que le Yétser Hara, le mauvais penchant – qui reconnaît l’importance spécifique de cette Mitsva – n’épargnera aucun effort pour nous dissuader. Les machinations du Yétser Hara augmentent proportionnellement à l’importance de la Mitsva.
La leçon est claire : à chaque fois que nous rencontrons une difficulté particulière à pratiquer une Mitsva – ou si parfois, il nous parait plus difficile d’appliquer ce que d’autres font avec moins d’efforts – il nous est interdit de baisser les bras. Au contraire, nous devons faire plus d’efforts dans ce domaine, car c’est cela qui est déterminant pour notre vie. En effet, c’est la Mitsva pour laquelle nous devons surmonter le plus grand nombre d’obstacles qui est celle que nous pouvons désigner comme celle qui est notre lot.
Likouté Si’hoth Vol II
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