Le Recensement - Un Acte Sacré 

« Faites le recensement de toute la communauté des Béné-Israël… toi et Aaron. Vous vous adjoindrez un homme par tribu. »

 (Nombres 1 – 2,4)

Dans la Paracha de cette semaine, Bamidbar, Hachem demande à Moché, à Aaron et aux chefs des tribus d’Israël de procéder à un recensement.

Le recensement des citoyens d’un pays est devenu une chose commune et banale à travers le monde. Il n’y pas d’exigence rigoureuse pour devenir recenseur, n’importe qui peut le faire.

L’agent du recensement va de maison en maison et indique, sur un formulaire spécial, le nombre exact de personnes qui résident dans le foyer. D’autres détails sont enregistrés, l’âge, l’activité professionnelle, etc. Après avoir rassemblé toutes les informations, le nombre exact des habitants du pays peut être alors publié.

Cependant, le recensement du peuple Juif dans le désert se déroula d’une façon totalement différente. Les recenseurs n’étaient ni des gens simples, ni des chômeurs ; ils étaient, en fait, les personnages les plus illustres de la Nation – Moché, Aaron et les chefs des tribus.

Hachem demanda à Moché d’organiser le recensement. D-ieu voulait que Moché – l’honorable dirigeant du peuple Juif et le Maître de la Torah – cesse toutes ses occupations pour aller de tente en tente afin de compter les Juifs âgés de plus de vingt ans.

Mais pourquoi Moché fut-il choisi pour accomplir cette tâche ? Pourquoi ce recensement devait-il être fait par Moché, Aaron et les chefs de tribus – l’élite du peuple ?

La réponse est qu’en nommant les personnes les plus importantes pour accomplir la tâche de compter le peuple, Hachem voulait exprimer, ainsi, la valeur intrinsèque de ce peuple et l’attention particulière qu’Il portait aux Béné-Israël. Dénombrer les membres du peuple Juif est un acte qui a une grande importance ; ce n’est pas n’importe qui qui peut le faire. Chaque individu du peuple Juif est si précieux que seule une personne de la stature de Moché, de Aaron et des dirigeants des tribus, peut le compter. Un homme d’une telle valeur saura, alors, apprécier la richesse de ce qu’il compte.

Recenser le peuple Juif n’est pas un acte séculier, c’est un geste sacré. Car chaque Juif est saint, « il est une  véritable parcelle de D-ieu. » C’est pourquoi compter les membres d’une sainte nation est une Mitsva.

Ceci se traduit par la manière dont ce recensement s’est déroulé. Les recenseurs devaient être vêtus de leurs tenues de Chabbath au moment où ils allaient de tente en tente. Le recensement était une affaire sérieuse.

Même si l’action de compter est en elle-même un acte banal, lorsqu’il s’agit, par contre, de compter le peuple d’Israël, cela devient une entreprise sacrée.

Il en est ainsi pour les affaires terrestres et les activités quotidiennes du Juif. Par le caractère unique de sa nature spirituelle, même ses activités les plus banales ont une grande importance. Manger, boire, gérer un foyer Juif, éduquer ses enfants – tous ces actes se trouvent transformés et élevés au rang du sacré, car chaque juif est une valeur inestimable pour D-ieu.

Chabbath Bamidbar 5745