Aimer comme un Homme d'affaires

La Paracha de Kédochim, lue cette semaine, est une des plus riches en Mitsvoth. Elle débute par l’injonction de tendre vers la Sainteté, puis une grande partie de ce texte est consacrée aux lois qui gèrent les rapports avec autrui. Ainsi, c’est dans notre Paracha que nous retrouvons la fameuse Mitsva de Ahavath Israël et la célèbre phrase (Lévitique 19 – 18) : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Nos sages nous enseignent que c’est un principe fondamental du Judaïsme et le Baal Chem Tov en a fait la pierre angulaire du ‘Hassidisme.

Nous avons le devoir de nous préoccuper pour notre prochain et la mission de lui apporter l’aide nécessaire,  tant matérielle que spirituelle. Lorsqu’une personne est animée de Ahavath Israël et s’engage à rapprocher son frère, les deux parties en tirent un intérêt. En effet, dans le cas de la Mitsva de Tsédaka, le pauvre a reçu une certaine somme d’argent, et le riche recevra certainement, pour sa part, un ajout dans la bénédiction Divine.

Ceci est aussi valable dans le cas où l’aide apportée est d’ordre spirituelle : lorsqu’une personne partage avec son prochain la connaissance ou lorsqu’elle devient un exemple de vertu pour son entourage. Il est, alors, évident que D-ieu remplira aussi au donneur ces besoins.

De quelle manière sommes-nous supposés observés la Mitsva d’aimer son prochain ? Les maîtres du ‘Hassidisme répondent que nous devons nous y investir comme un homme d’affaires. Un businessman qui désirerait voir son entreprise se développer ne pourra pas rester chez lui les bras croisés à attendre que le client se décide à venir le voir. Il s’efforcera, plutôt, d’ouvrir un magasin dans un emplacement stratégique et ne manquera pas de mettre un panneau qui interpellera le chaland. Et ce n’est pas encore assez pour s’assurer la réussite. Le marchand devra aussi défendre son produit en sachant exposer aux clients potentiels tous les avantages de sa marchandise. Ce n’est que par le fruit d’efforts permanents qu’il tirera le plus d’avantages de son affaire.

C’est ainsi que nous devons nous engager dans la Mitsva de Ahavath Israël. Nous ne pouvons pas attendre passivement que celle-ci se présente à nous. Nous ne devons pas attendre oisivement que d’autres fassent appel à notre aide. A l’instar du businessman averti, nous devons sortir de notre tour d’ivoire pour chercher dans le monde le « client potentiel ». Nous devons même, parfois, sortir de nos contraintes et de nos habitudes confortables afin d’aider notre prochain matériellement et spirituellement en faisant la promotion des enseignements de la Torah et des Mitsvoth inspirées de l’esprit du ‘Hassidisme.

Pourtant, tout cela reste encore insuffisant ; car le véritable indice de notre réussite est de voir que ceux que nous avons aidés deviennent capables de constituer, à leur tour, un exemple pour leur entourage.

Likouté Si’hoth Vol I