La Lumière des Mitsvoth

La Paracha de cette semaine – Métsora – débute par les lois des sacrifices qui étaient offerts par celui qui - à cause de ses défaillances spirituelles - était frappé de Tsaraath – une espèce de lèpre qui, de nos jours, a disparu. L’impureté qui résulte de la Tsaraath n’affectait pas uniquement l'individu, mais aussi l'habitation dans laquelle il se trouvait. Rabbi Yehouda déclare dans la Michna : « Si une personne touchée de Tsaraath pénètre dans la maison d'un ami sans autorisation, le propriétaire doit l’en faire sortir rapidement avant que sa demeure ne devienne, elle aussi, impure. Le maître de maison n’aura que quelques instants pour le faire sortir ; le temps qu’il faudrait pour allumer une bougie de Chabbath. »

Pourquoi nos sages ont-ils fait référence aux lumières du Chabbath pour indiquer la durée de cette période ?

L’action d’allumer les bougies de Chabbath est différente des autres formes d’allumage de lumière. Les bougies de Chabbath ont pour effet, selon nos sages, d’apporter « la paix et la  tranquillité dans le foyer » en assurant que les membres « de la famille ne viennent à trébucher sur un obstacle qui serait dans l’obscurité » ; elles détournent des événements fâcheux.  Au sens spirituel, aussi, la sainteté des bougies de Chabbath prévient le déploiement de l’impureté de la Tsaraath.

Bien que toute sorte de lumière protège l’homme de trébucher, seules les bougies de Chabbath offrent aussi une protection spirituelle.  Les autres formes de lumière ne produisent pas systématiquement la paix et l’harmonie dans la maison. L’inverse pourrait même en résulter : soumettre quelqu'un à un éclairage agressif peut souligner un aspect peu flatteur de sa personne et mener à l’opposé de la paix et de l’harmonie.

De véritables rapports paisibles et harmonieux n’aboutissent que lorsque les autres sont vus au travers de « la Mitsva qui est une bougie et de la Torah qui est un luminaire. » Du fait que « la Torah n’a été donnée que pour instaurer la paix dans le monde », elle permet certainement d’appréhender différemment son prochain et d’installer l’unité et la paix au sein de la famille. Bien que toute de la Torah et toutes les Mitsvoth mènent à la paix, cette paix est principalement spirituelle ; par contre, l’allumage des bougies de Chabbath a le pouvoir d’instaurer une paix effective.

Nos Sages nous indiquent qu’une des causes de la Tsaraath est la calomnie et la médisance - l'antithèse de rapports paisibles et harmonieux.

C’est pourquoi, par conséquent, le meilleur remède à cette plaie sont les bougies de Chabbath dont le but est d’instaurer la paix et l’harmonie.

Il est évident que tout ceci prend une dimension particulière de nos jours – alors que  l'obscurité dans le monde est si dense – la lumière produite par les bougies de Chabbath est une nécessité dont nous ne pourrions nous passer. Il est extrêmement important que chaque fille Juive commence à allumer les bougies de Chabbath dès le moment où elle est assez mûre pour comprendre leur signification.

Le rayonnement des bougies de Chabbath, associé à la bénédiction récitée avant l'allumage, éclairera la vie de la jeune fille qui les allume. Elle sera perpétuellement consciente du sens des mots qu'elle récite dans la bénédiction : Hachem est Roi de l’univers. Son allumage assure aussi que lorsqu’elle sera plus grande, son existence sera en harmonie avec les paroles du prophète : « Hachem sera ta Lumière. » Et lorsque, plus tard, elle se mariera et sera « la fondation et l’essence de son foyer », la vie de sa maison sera gérée sur les fondements de la Torah et des Mitsvoth.

Nos Sages nous enseignent que par le mérite de l’allumage des bougies de Chabbath, une personne aura des enfants et des gendres savants en matière de Torah. De nos jours, alors que la jeune fille choisit elle-même celui qu’elle épousera, l’esprit des bougies de Chabbath la guidera dans le choix du meilleur parti.

Likouté Si’hoth Vol XVII