Aimer comme un Cohen
« S’il se forme sur la peau d’un homme une tumeur de Tsaraath… il sera présenté à Aaron le Cohen. Le Cohen examinera cette affection de la peau… et il le proclamera impur. »
(Lévitique 13)
La Paracha de cette semaine, Tazria, nous parle d’une des formes les plus graves d’impureté rituelle, la maladie de Tsaraath. La personne qui en était touchée, le Métsora, était envoyée en dehors du camp d’Israël et vivait dans la solitude jusqu’à son rétablissement.
La seule autorité qualifiée à déterminer si un individu avait le statut de Métsora et lui imposé à quitter le camp était le Cohen.
Même un membre du Sanhédrin, la plus grande autorité dans l’enseignement de la Torah, ne pouvait établir et proclamer une Tsaraath, s’il n’était pas Cohen. La seule prise de position qui avait du poids était celle du Cohen et sa décision avait force de loi.
Pourquoi les autorités de la Torah, du savoir et de la sagesse, comme le Sanhédrin, ne pouvaient-ils pas porter de jugement dans le cas de Tsaraath ? Pourquoi cela dépendait-il du Cohen ?
Un Métsora subissait une punition particulièrement sévère : il était banni et mis à l’écart du reste de la société. Le Métsora devait quitter le camp d’Israël. Il se trouvait donc entièrement retranché de tout le peuple Juif.
Les Cohanim sont, par nature, des hommes de bonté. Leur cœur était empli d’amour pour leurs frères Juifs. C’est pourquoi ils furent choisis pour bénir le peuple d’Israël. D’ailleurs, ceci est confirmé dans les termes de la bénédiction qui précède la Birkath Cohanim : « qui nous a sanctifiés par ses Mitsvoth et nous a ordonné de bénir Israël avec amour ! »
C’est pour cette raison que la Torah reconnaît en le Cohen, le seul être qui ne se pressera pas de proclamer que son prochain est impur. Le Cohen est naturellement peu disposé à déclarer qu’un autre Juif est Métsora, car ainsi il le sanctionnerait d’une punition sévère. Le Cohen fera toutes sortes d’efforts pour éviter que son prochain ne souffre.
La Torah se soumet au seul jugement du Cohen, sachant qu’il déclarera une Tsaraath que lorsqu’il ne restera plus d’autre alternative. C’est pour cette raison que le pouvoir d’établir la Tsaraath et la responsabilité, qui en dépend, à condamner son prochain à l’isolement social, n’a été donné qu’aux Cohanim.
Ceci peut nous servir de leçon :
Nous ne devons jamais estimer qu’une personne mérite d’être à l’écart et de ce fait fuir sa compagnie, et cela même si son comportement est incorrect. Aucune faute ne peut justifier le rejet de notre prochain.
Au lieu de le juger, nous ferions mieux d’examiner, d’abord, si notre motivation est juste. Voyons-nous le mal en l’autre uniquement parce que nous l’aimons ou peut-être reconnaissons-nous en l’autre les défauts que nous portons en nous-mêmes ? C’est seulement une fois que nous nous sommes assurés d’agir par un sentiment authentique d’amour que nous pouvons lui parler et l’aider à corriger sa conduite.
Likouté Si’hoth Vol XXVII