Les Signes de Cacherouth

Une grande partie de la Paracha de la semaine – Chemini – traite des lois de la diététique Juive – la Cacherouth. La Torah définit les animaux qu’un Juif a le droit de consommer et ceux qui sont non-Cachers. Elle donne deux conditions pour qu’un animal soit Cacher : il doit être ruminant et avoir les sabots fendus.

La Torah recommande que l’on veille tant à son bien-être physique qu’à sa santé spirituelle. Les lois de la Cacherouth concernent ce deuxième aspect : la santé de l’âme. Ainsi, la Torah interdit les aliments qui seraient nuisibles à notre statut spirituel. La nourriture que nous mangeons se transforme et devient rapidement une partie de notre corps. Nous devons donc veiller à ce qu’elle soit saine matériellement et spirituellement.

La santé spirituelle et morale dépend de la Cacherouth ; c’est pourquoi l’homme doit lui aussi posséder les qualités requises à l’animal Cacher : il doit « ruminer » et avoir « les sabots fendus ».

Le sabot est la partie la plus basse du corps de l’animal ; il est en contact direct avec le sol et permet de protéger l’animal des dangers qui s’y trouvent. En fait, symboliquement, même un animal doit être séparé de la terre pour être considéré Cacher.

Il en est de même pour le Juif : il doit avoir un sabot. Il doit  créer une séparation entre la terre – ses pulsions corporelles – et ses hautes facultés spirituelles. Même les degrés les plus inférieurs de l’âme – comparables aux pieds – ne devraient jamais être en contact avec le sol. L’homme ne doit jamais s’investir totalement dans les affaires matérielles. C’est avec un certain détachement qu’il s’engagera dans ses occupations.

Le sabot d’un animal Cacher doit être fendu en deux. Ceci indique que le Juif doit diriger ses affaires matérielles – le sabot – dans deux directions opposées : « La droite approche et la gauche repousse. »

L’homme engagera son « côté droit » dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvoth, ainsi que pour rapprocher son prochain au Judaïsme ; tandis que son « côté gauche » l’aidera à s’éloigner des influences négatives.

Faire la différence entre la gauche et la droite est une chose essentielle. Nul ne peut espérer obtenir le bien sans avoir à fuir le mal. Le bien et mal ne doivent jamais être confondus – à l’image du sabot de l’animal Cacher fendu en deux parties distinctes.

La deuxième caractéristique d’un animal Cacher, c’est qu’il doit être ruminant. Le Juif doit également « ruminer ». Avant chaque nouvelle étape de son existence, il lui faut reconsidérer ses projets avant d’agir. C’est en soumettant son comportement à un examen minutieux qu’il pourra avoir la garantie que ses actes seront purs.

Les lois de la Cacherouth statuent aussi sur la définition des oiseaux Cachers. Certaines espèces sont inaptes à la consommation. Or, en la matière, seule la tradition détermine les espèces permises.

Ceci aussi révèle un enseignement : nous ne devons pas uniquement compter sur notre raison, sur notre intellect ; le Judaïsme vit intensément en s'inspirant de la tradition sacrée. Nous devons donc, en plus de nos acquis intellectuels, nous relier au maître de la génération – détenteur de la tradition – pour que nos actes soient purs.

Likouté Si’hoth Vol I