La Huitième Dimension
Il est convenu que le nom d’une Paracha reflète son contenu. Il en est ainsi pour la Paracha de cette semaine – Chemini – le huitième – qui traite de divers sujets qui sont tous plus ou moins liés au thème central exprimé par le terme « Chemini ».
Chemini conclut le sujet de la Paracha précédente : les sept jours de consécration du Michkan. Chemini – huitième – fait référence au huitième jour de la consécration du Sanctuaire, jour où fut célébrée l’inauguration du Temple.
Il est intéressant de remarquer que la Paracha se conclut par l’énumération des lois relatives aux animaux cachers et non-cachers – un sujet qui n’a, à priori, aucun rapport avec le thème de Chemini. Quel est donc le lien entre ces deux sujets ?
Le chiffre huit symbolise un niveau de spiritualité qui transcende la création. Il existe plusieurs éléments du monde physique qui sont liés au chiffre sept ; le chiffre sept représente l’ordre naturel. La dimension spirituelle est supérieure à la dimension matérielle et au chiffre sept, c’est pourquoi elle est symbolisée par le chiffre huit.
Le monde fut créé pour être pénétré par la lumière Divine. Ce projet est mis en œuvre par la pratique de la Torah et des Mitsvoth. Le monde doit atteindre la fusion entre le huit – le spirituel – et le sept – le matériel ; en d’autres termes : le monde fut créé pour amener D-ieu à se révéler dans Sa Création.
Cette idée nous permet de comprendre pourquoi notre Paracha ne parle que du huitième jour et ne rappelle plus les sept jours de consécration qui le précédèrent. Pendant cette période, Aaron et ses enfants préparèrent le Temple pour l’évènement de l’inauguration. Leurs actions s’inscrivaient dans la dimension du sept – dans l’ordre naturel. Puis, vint le huitième jour ; c’est en cette journée que la Présence Divine se révéla ici-bas dans le Sanctuaire. La fusion entre le sept et le huit prit enfin place.
Le sujet abordé dans la fin de la Paracha – les animaux cachers et non-cachers – nous apprend que chaque détail de la création est lié au service de D-ieu. Les animaux furent, eux aussi, créés dans le but d’être raffinés par l’homme dans le cadre de l’élévation du monde dans son ensemble.
Cette idée est donc effectivement liée au thème central de Chemini – amener la Divinité dans le monde matériel par le biais des Mitsvoth.
A l’époque Messianique, la Lumière de D-ieu – qui est au-delà de la création – sera dévoilée au point qu’elle sera perçue à l’œil nu. En ces temps la Présence Divine résidera dans le monde matériel. Nos sages nous enseignent, d’ailleurs, que la harpe du Machia’h aura huit cordes, alors que celle de David n’en avait que sept.
Likouté Si’hoth Vol III