Supériorité des Femmes

« Les hommes apportèrent [leurs dons] sur ceux des femmes… »

(Exode 35 – 22)

La Paracha de Vayakhel raconte comment toute la communauté d’Israël participa – de bon cœur – par des dons généreux à l’édification du Michkan – le Tabernacle. Cependant, la Torah précise, dans le verset cité plus haut, que les femmes excellèrent et apportèrent beaucoup plus de cadeaux que les hommes pour le Sanctuaire. C’est pourquoi la Torah, indique que les dons des hommes étaient minoritaires – ou presque inexistants – face à ceux de leurs femmes.

Nos sages définissent et caractérisent, dans la mystique Juive, l’homme et la femme – à l’instar de leur rôle dans la conception d’un enfant – comme le donneur et le récepteur. C’est dans cet esprit que l’écriture parle de l’union de D-ieu et du peuple d’Israël comme de celle d’un marié et d’une mariée. Pourtant, cela n’implique pas que le donneur soit supérieur au récepteur ; bien au contraire, la tradition considère que c’est précisément grâce à l’œuvre du récepteur que l’union prend véritablement son sens.

Ainsi, les deux aspects de la Torah sont comparés au père – la Torah écrite – et à la mère – la Torah orale – ainsi qu’il est écrit (Proverbes 1 – 8) : « Mon fils, écoute la morale de ton père et ne délaisse pas l’enseignement de ta mère. » En l’occurrence, c’est bien la tradition orale – fruit des interprétations des sages d’Israël – qui donne un sens à l’écrit – Don de D-ieu.

Ceci s’exprime aussi dans les caractères de l’homme et de la femme. Les femmes sont plus réceptives à la spiritualité que les hommes. Nous pouvons, d’ailleurs, observer que les femmes sont moins exhortées par les prophètes que les hommes dans le domaine du service de D-ieu ; la raison vient du fait qu’elles ressentent plus naturellement les sentiments d’amour et de respect face au Divin.

Nos sages nous font remarquer, dans cet ordre d’idée, que seul l’homme – Adam – avait reçu la première Mitsva (Genèse 1 – 28) « croissez et multipliez ! » La femme n’a pas reçu ce commandement, car chez elle le sacrifice pour l’autre – le don de la vie – est naturel. Seul l’homme doit être exhorté pour cette Mitsva du fait qu’il serait capable, par son égoïsme naturel, de ne pas remplir son rôle.

Dans cet esprit, Hachem demanda à Moché de transmettre la Torah aux femmes avant de le faire pour les hommes. En outre, c’est le terme de Amira - exprimant une douce parole - qui est utilisé pour elles ; tandis que pour les hommes, D-ieu utilise le terme de Dibbour – parole sévère. Alors qu’une douce indication suffit pour associer les femmes aux Mitsvoth, il faut, par contre, user de dures paroles pour convaincre les hommes à suivre les commandements.  

C’est donc bien ce qui s’est produit au moment de l’édification du Michkan : les dons des femmes dépassèrent en quantité et en qualité ceux des hommes.

Likouté Si’hoth Vol XXV